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    Devant la Cour Suprême: «Où est la justice?»

    news.movim.eu / Mediapart · 2 days ago - 18:39

Sept ans presque jour pour jour après la légalisation du mariage gay par la Cour Suprême des États-Unis, celle-ci a décidé de revenir sur un autre droit: l’accès à l'avortement. Devant l’institution, à Washington, la tristesse des militants pro-IVG a côtoyé la joie des antis.
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    Avortement: le grand bond en arrière des États-Unis

    news.movim.eu / Mediapart · 2 days ago - 15:42

La Cour suprême états-unienne, à majorité conservatrice, a abrogé vendredi l’arrêt «Roe v. Wade» par six voix pour et trois contre. Il y a près de 50 ans, il avait fait de l’accès à l’IVG un droit constitutionnel. Cette décision n’est pas le fruit du hasard. Le mouvement anti-IVG très organisé et puissant tente depuis plusieurs décennies de verrouiller le système judiciaire via un satellite d’organisations ayant un seul but: nommer des juges conservateurs à des postes clefs, notamment à la Cour Suprême.
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    Des dizaines de milliers de manifestants américains défendent le droit à l’avortement

    news.movim.eu / Mediapart · Sunday, 15 May - 11:18

Quatre-cent-cinquante cortèges ont défilé samedi à travers le pays pour défendre l’accès à l’IVG, menacé par la Cour suprême, prête à revenir en arrière sur un droit constitutionnel consacré il y a près de 50 ans.
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    Au moins dix morts dans un attentat d’extrême droite dans l’État de New York

    news.movim.eu / Mediapart · Sunday, 15 May - 06:44

Au moins dix personnes, dont une majorité d’Afro-Américains, ont été tuées samedi, à Buffalo (État de New York), par un jeune homme blanc armé d’un fusil d’assaut. Il a été arrêté sur place. Les autorités dénoncent une nouvelle tuerie à caractère raciste venue d’un suprémaciste blanc.
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    Victoire historique pour le premier syndicat chez Amazon aux États-Unis

    news.movim.eu / Mediapart · Saturday, 2 April - 09:49

Un petit groupe d’employés motivés autour de Chris Smalls a fait flancher l’une des plus grandes multinationales: les salariés d’un entrepôt d’Amazon à New York ont voté en faveur de la création d’un syndicat. Une première aux États-Unis au sein de l’entreprise.
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    Au Texas, le trumpisme en marche

    news.movim.eu / Mediapart · Saturday, 1 January - 10:59

Chaque jour passant, le Texas ressemble de plus en plus à une utopie (ou un cauchemar) trumpiste. Les républicains sont galvanisés par leur majorité solide au parlement local et par le score obtenu par l’ancien président dans cet État de 30 millions d’habitants.
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    Après Donald Trump, le conservatisme américain en miettes

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Saturday, 6 February, 2021 - 04:25 · 12 minutes

Par Frédéric Mas.

2016. Donald Trump prend la parole au Freedom Fest , l’un des rendez-vous politiques les plus en vues de la droite américaine. C’est l’occasion pour l’homme d’affaires devenu candidat aux primaires du parti républicain de se présenter aux diverses sensibilités, traditionaliste, libertarienne et néoconservatrice, qui constituent le mouvement conservateur américain .

Il suffit de quelques minutes pour refroidir l’ambiance : le discours du futur président est incohérent et témoigne de sa méconnaissance complète des principes du conservatisme américain et d’un illettrisme économique qui font se dresser les cheveux sur la tête des libéraux les mieux disposés.

La réaction de l’ establishment conservateur, cette nébuleuse de think tanks, revues, organisations politiques et commentateurs ne se fait pas attendre. Le 21 janvier 2016, ses principaux barons organisent un colloque anti-Trump , qui deviendra le fer de lance de l’opposition conservatrice à Trump pendant son mandat. S’y succèdent à la tribune le libertarien David Boaz du Cato Institute, le néoconservateur Bill Kristol, le populiste Glenn Beck, Thomas Sowell ou l’ex attorney general de Reagan Edwin Meese III.

Tous expliquent que Donald Trump est un corps étranger au mouvement qu’ils ont façonné depuis des décennies, qu’il ne remplit pas les critères de base, et qu’il est même dangereux.

Seulement, les électeurs américains ne les écoutent pas. Ils ne les écoutent sans doute plus depuis des années, et préfèrent voter pour cet outsider au style clinquant et au verbe haut, qui s’est construit sa réputation people grâce aux médias et à sa réussite en tant qu’entrepreneur.

Une claque sans précédent

C’est une claque sans précédent pour le mouvement conservateur américain. Depuis les années 1950, la nébuleuse idéologique s’était instituée d’abord en courant intellectuel respectable, puis en force politique suffisamment puissante et organisée pour peser sur l’appareil politique républicain.

La naissance du conservatisme américain se fait d’abord autour de quelques intellectuels brillants et quelques revues à diffusion modestes, essentiellement cimentés par l’anticommunisme et le rejet de l’héritage socialisant de Roosevelt. S’y retrouvent des intellectuels traditionalistes, des néo-agrariens, des libéraux classiques et des libéraux de guerre froide (qui deviendront plus tard des « néoconservateurs ») 1 .

Politiquement, il leur faudra une décennie pour prendre d’assaut le parti républicain, à l’époque centriste, et pousser leur propre candidat, Barry Goldwater . Mais l’Amérique n’est pas prête, et Goldwater est défait en 1964 face à Lyndon Johnson.

Les Russell Kirk, Bill Buckley, Richard Weaver ou Harry Jaffa firent des pieds et des mains pour notabiliser le conservatisme, c’est-à-dire le sortir de la marginalité où ses ennemis voulaient le voir confiné. Rendre respectable le mouvement conservateur passait aussi par purger ses éléments jugés trop radicaux ou trop fantaisistes. Parmi eux, les libertariens jugés incontrôlables et pas assez hostiles à l’URSS, et l’extrême droite radicale, celle de la John Birch Society et du Ku Klux Klan, trop racistes et complotistes. « ‘Ike’ n’est pas un communiste, c’est un golfeur » , réplique le paléolibertarien Russell Kirk quand Robert Welch, le président de la John Birch Society, accuse Eisenhower d’être un communiste.

L’institutionnalisation du conservatisme

Les années 1970 et surtout l’arrivée de Reagan au pouvoir en 1981 seront l’occasion pour le conservatisme de s’institutionnaliser et de s’agréger à de nouveaux courants, en particulier la droite religieuse et populiste.

Le conservatisme des débuts laisse la place à une galaxie de think tanks, d’experts politiques, d’organisations militantes, mais aussi de journaux, d’éditorialistes et d’influenceurs qui participent pleinement au débat public et au fonctionnement des institutions politiques américaines.

L’arrivée en scène de Donald Trump a tout chamboulé. Pour beaucoup, ce sont des années de travail de notabilisation qui partent en fumée, une stratégie d’influence du parti républicain qui s’effondre et surtout les postes et l’argent afférents qui disparaissent. Tous les ingrédients sont là pour alimenter la guerre culturelle, y compris au sein de la droite américaine.

La droite incarnée par Donald Trump surgit comme un violent anti-intellectualisme. Prenant ses racines dans la colère populaire du Tea Party contre les élites, qu’elles soient politiques ou financières, elle méprise les arguties des intellectuels et des journalistes pour se concentrer sur des problèmes qu’elle juge pratico-pratiques.

Le style populiste de Trump séduit les classes populaires, l’Amérique ouvrière blanche sur le déclin, les régions sinistrées de la Rust Belt et les catégories sociales fragilisées par la mondialisation économique et que l’immigration mexicaine effraie. C’est l’Amérique malade et oubliée qui se retrouve dans le discours de Trump.

Le trumpisme est d’abord une manière de communiquer plus qu’un catalogue de propositions cohérentes, un pragmatisme stratégique comme en témoigne son livre The art of Deal plus qu’une politique informée par des principes moraux ou philosophiques. Ses partisans ne s’y trompent pas : leur loyauté est d’abord émotionnelle, parfois jusqu’à l’aveuglement.

Les digues sont rompues

Avec Trump, la digue entre droite convenable et droite radicale est rompue, avec le concours de Trump lui-même dans le rôle de boutefeu. La campagne de Trump est vécue comme un espoir pour les franges les plus radicales et les plus loufoques de la droite américaine, rassemblées par les médias sous l’étiquette générique alt-right .

On fait en général crédit à Hillary Clinton d’avoir ouvert la boîte de Pandore en invoquant cette nouvelle extrême droite devant les caméras pour stigmatiser son adversaire républicain, lui donnant ainsi une publicité extraordinaire.

L’ alt-right désigne à l’origine un agrégat hétéroclite surtout présent sur les forums et les réseaux sociaux, de déçus du « conservatisme convenable » ou du libertarianisme radical, de trolls anti-gauchistes ou anti-politiquement corrects et des néo-nazis plus ou moins assumés.

L’ère numérique permet à ces nouvelles radicalités de dépasser leur audience groupusculaire et de toucher de nouveaux publics plus jeunes.

Très rapidement cependant, la baudruche de l’ alt-right se dégonfle, en partie après la parade raciste et folklorique de Charlottesville en 2017 . L’ alt-righ t IRL est beaucoup moins subversive et beaucoup plus inquiétante, y compris sur l’état psychologique d’une partie de la jeunesse radicalisée.

Trump, en politicien pragmatique et ignorant des usages qui se pratiquent dans le petit monde de la droite américaine, se fiche des étiquettes et s’appuie sur l’expertise de Steve Bannon, qui lui-même ne cache pas ses sympathies avec certaines franges de la droite radicale.

Les réticences de Trump à condamner les rapprochements et les confusions qui se font à la base sur fond de panique identitaire achèvent la stratégie de notabilisation de la droite américaine. Elles ne font qu’ajouter à l’hystérie anti-Trump qui secoue le monde médiatique et toute la gauche américaine remontée à bloc.

La crise du conservatisme

Si Trump se passe de l’avis de la galaxie conservatrice, qui s’efface devant le brouillard médiatique de l’ alt-right , c’est qu’elle ne représente plus rien. Depuis des décennies, sa base sociologique vieillit et se rétrécit . Son discours « fusioniste 2 » apparaît en décalage avec les transformations profondes qui traversent le pays.

Incapable de séduire les nouvelles générations plus libertariennes, devenu inaudible pour des classes moyennes sous tension avec l’approfondissement de la mondialisation, snobé par les classes montantes issues des Big Tech, le conservatisme s’est ossifié. Avec Trump, il est carrément mis sur la touche. Pour éviter la mort et le dépérissement, plusieurs initiatives vont voir le jour.

Dans un premier temps, une partie de la droite pensante se dit qu’il vaut mieux, à la veille du scrutin, faire partie du camp vainqueur pour continuer à influencer le GOP que de rester en dehors et de se retrouver à nouveau en position marginale. Des libertariens autour de Walter Block laissent tomber le candidat du Parti libertarien jugé trop mou et trop proche des élites de Washington.

Les néoconservateurs du Claremont Institute vont théoriser l’investissement idéologique du trumpisme pour mieux le changer de l’intérieur. « 2016 est l’élection du Vol 93 : chargez le cockpit ou vous mourrez » déclare l’auteur de l’essai remarqué qu’ils publieront à la veille de l’élection de Trump, faisant référence à la révolte des passagers du Boeing qui ont empêché les terroristes de se crasher sur le Capitole. Un embryon de trumpisme idéologique voit le jour, avec ses revues, ses penseurs et ses nouvelles marques idéologiques, incarné un temps par la revue néo-hamiltonienne American Affairs .

Une nouvelle droite nationaliste

Face au déclassement d’une partie de sa base électorale et à la peur du déclin de l’Amérique dans le monde, une partie du conservatisme américain s’est en quelque sorte européanisée, puisant dans les idées des courants réactionnaires pour tenter de faire revivre un mouvement politique épuisé. Pour la première fois de son histoire, elle s’invente une identité en dehors de la tradition libérale qui est celle de l’histoire de la république américaine.

Cette droite qui se réinvente une fois Donald Trump élu s’inspire des expériences illibérales européennes à la Viktor Orban ou Matteo Salvini. Tout en reconnaissant les limites du personnage Trump, elle s’est découverte nationaliste , populiste et anti-libérale, et instruit le procès du consensus « fusioniste » du conservatisme américain traditionnel.

On trouve parmi ses nouvelles références le journaliste Yoram Hazony, qui dans  le livre The Virtue of Nationalism (2018) réhabilite le nationalisme, ce droit collectif des peuples à se gouverner eux-mêmes, contre l’impérialisme et ses formes modernes que sont les organisations politiques supranationales de type ONU ou Union européenne.

Les essais de David Goodhart et de Charles Murray alimentent la réflexion commune sur les nouvelles fractures sociales entre le peuple et ses élites. Par leur lecture sociologique et géographique, ils dessineront les nouveaux clivages entre des classes populaires reléguées aux périphéries des villes et aux attentes conservatrices en termes d’identité et d’immigration, et les classes supérieures à la mentalité plus cosmopolite et progressiste.

Pour Christopher Caldwell, la victoire de Donald Trump se construit sur l’échec du parti républicain à tenir ses promesses, devenues intenables depuis la révolution des droits civiques des années 1960. Dans The Age of Entitlement : America Since the Sixties (2020) il rend compte de l’incapacité des gouvernements républicains successifs à endiguer la progression d’un « Big Governement » qui désormais légitime sa dynamique de croissance sur l’exigence d’égalité raciale et multiculturelle.

Plus fondamentalement, certains acteurs de cette « nouvelle droite » comme le constitutionnaliste Adrian Vermeule, les journalistes Sohrab Ahmari ou Tucker Carlson ou le politologue Patrick Deneen vont instruire le procès du libéralisme classique , accusé d’avoir érodé les fondements sociologiques d’Amérique traditionnelle laminée par le laxisme culturel et le libre-échange.

Le vol 93 s’est finalement écrasé

Le vol 93 qui servait de métaphore aux néoconservateurs acquis au trumpisme s’est finalement écrasé, comme l’avion de 2001. La présidence de Donald Trump s’est achevée dans la douleur. Le spectacle lamentable de la prise d’assaut du Capitole par quelques agités déguisés en révolutionnaires a effacé en quelques images le bilan contrasté du magnat de l’immobilier.

Avec l’ élection de Joe Biden , le retour au pouvoir des démocrates s’est fait avec un esprit de revanche intact depuis la défaite cuisante de 2016. Pour beaucoup de militants progressistes, il faut désormais condamner Trump , effacer d’un trait de plume rageur le trumpisme de l’histoire des États-Unis, et éliminer du débat public tout ce qui peut s’apparenter à cet héritage politique et culturel maudit. La chasse aux sorcières a commencé, et la liberté d’expression sur les réseaux sociaux en est la première victime collatérale.

Le parti républicain est à la fois divisé et déconsidéré, et la décomposition du conservatisme américain traditionnel s’est accélérée. Les libertariens, les traditionalistes et les néoconservateurs espèrent retrouver leur ancien magistère sur la droite, mais le monde a changé, leur public s’est dispersé, fractionné par la guerre culturelle qui déchire le pays. Leur autorité n’est plus la même.

La version nationale-populiste du conservatisme américain, qui reste minoritaire, survivra-t-elle à la déconvenue politique de Trump lui-même ? Mystère. Seul l’avenir nous le dira. Donald Trump n’a pas dit son dernier mot, mais sa fanbase n’est pas nécessairement prête à écouter son nouveau clergé intellectuel informel.

Si le mouvement conservateur américain veut rebondir, il doit tout reconstruire, depuis ses fondements intellectuels jusqu’à sa base sociologique. Après le choc du trumpisme et le retour d’un parti démocrate acquis aux pires délires liberticides de l’idéologie diversitaire, il n’a pas le choix, il doit se refonder. Seul un retour aux origines libérales de l’Amérique peut en raviver l’esprit.

  1. George H. Nash, The Conservative Intellectual Movement in America Since 1945 , 1976.
  2. Le fusionisme est le mélange de traditionalisme moral, de libéralisme économique et d’autoritarisme en politique étrangère qui constitue les éléments de base de l’idéologie droitière américaine la plus commune. Il s’agit d’une idée inspirée par les écrits du conservateur libertarien Frank Meyer.
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    États-Unis : « La liberté n’éclaire plus le monde »

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Saturday, 23 January, 2021 - 04:00 · 9 minutes

États-Unis

Par Jacques Garello.

Le peuple américain doit s’unir autour du nouveau Président : c’est le commentaire le plus entendu après l’investiture de Joe Biden et son premier discours. La démocratie américaine doit être garantie, la paix et la justice doivent régner dans ce pays – ce qui s’est produit au Capitole ne doit plus jamais se répéter ( not ever ).

Je ne crois pas que ce soit le plus important de ce qui nous attend, nous Français et nous Européens. Car le discours présidentiel, dans ses silences, peut être compris comme « La liberté n’éclaire plus le monde ».

Je n’ai pas entendu une phrase concernant la présence des États-Unis sur l’échiquier mondial, même si le mur sur la frontière mexicaine cesse d’être construit, si le regroupement familial est instauré ; et même encore si les États-Unis rejoignent l’accord de Paris et l’OMS, instances sans développement durable.

Les États-Unis divisés

Je reviens un instant à l’union domestique autour du Président. Pour rappeler d’abord que s’il existe une tension actuelle entre citoyens américains de toutes sortes et de toutes races, elle n’est pas due aux extrémistes du Capitole dûment mis sous les feux de la rampe, mais aux progrès de l’État-providence sous la présidence Obama .

En Amérique comme ailleurs, il creuse un fossé entre l’activité et l’assistance, entre le parasitisme et la responsabilité, entre ceux qui payent et ceux qui vivent à leurs dépens. Pour rappeler encore qu’au sein même de la majorité qui a élu Biden se trouvent des extrémistes de gauche décidés à renverser le système tant économique que politique.

Ce sont d’authentiques révolutionnaires, anarchistes ou marxistes, tous désireux de dynamiter l’ordre public, police et armée en tête. Ils ont le soutien des universités naguère remarquables, mais devenues aujourd’hui les foyers des idées progressistes hostiles au droit, à la famille, à la diversité – on dit que ce sont les intellectuels français qui ont inspiré ce dramatique changement.

Pour rappeler enfin que l’union voulue par Biden se veut jacobine. Elle va se heurter à un sentiment très profond dans la population américaine : le souci de l’indépendance des États membres de la fédération. Elle a été très menacée dans les débats sur l’avortement, la peine de mort, le port d’armes , mais elle a résisté à ce jour.

C’est la diversité et la concurrence institutionnelle, réglementaire, fiscale, sociale, qui a fait à ce jour le succès des États-Unis, et le domaine réservé à Washington n’est que celui du respect de la Constitution et de la protection de la sécurité extérieure.

Les États-Unis absents

Je reviens ainsi à la sécurité extérieure : pas une phrase significative sur les relations entre les États-Unis et le reste du monde.

Or, dans ce domaine, le mérite de Trump avait été de rompre avec l’insouciance et l’inconsistance de la diplomatie Obama. Trump avait alerté les nations libres sur les dangers représentés par le terrorisme islamique organisé par l’Iran et la vision hégémonique des communistes chinois.

Les Israéliens s’inquiètent à juste titre de l’avenir des accords passés avec les Arabes et garantis par les États-Unis. Tous les peuples libres ont à redouter que la Chine domine prochainement le monde entier. Avec Biden à la Maison Blanche la question est désormais de savoir quelle sera la première puissance mondiale dans quatre ans, que restera-t-il de la liberté ?

La Chine bien présente

Économiquement les États-Unis ont encore la première place : 22 % du PIB mondial contre 17 % pour la Chine. Ces deux pays cumulent donc quelque 40 % du PIB mondial et exercent de ce fait une domination dans les règles et les mœurs des échanges internationaux.

Cependant, les raisons de la réussite chinoise ne sont pas secrètes : espionnage industriel, embauche d’ingénieurs et techniciens étrangers avec des contrats très attractifs, personnel salarié « motivé » malgré l’absence de tout droit du travail, investissements massifs et choisis dans les pays cibles, en particulier en Europe et au Moyen Orient, tout au long de la « route de la soie ».

Les Chinois se disent capitalistes et concurrentiels , mais la propriété du capital n’est possible que pour les personnes agréées par le pouvoir, et la concurrence est déloyale. C’est l’exemple le plus éclatant de ce « capitalisme de connivence », alliance de la classe politique et des milieux d’affaires, hélas bien trop fréquente dans les pays dits libres – à cela près qu’en Chine classe politique et milieu d’affaires sont confondus.

La dictature du Parti

Politiquement, la dictature du Parti communiste chinois ne s’est jamais desserrée. Il n’existe aucune possibilité d’opposition, aucune liberté de la presse tant écrite que télévisée que numérique.

Il existe des camps de concentration, notamment un million de Ouïgours en rééducation . Hong-Kong a été repris et les défenseurs de la liberté sont en prison . Taïwan est l’objet d’ attaques incessantes , les eaux de la mer de Chine sont sillonnées par une flotte de guerre équivalente à celle des États-Unis, et qui doit doubler dans les cinq ans à venir.

Enfin et non le moindre, la Chine a créé un réseau d’amis et correspondants dans le monde entier, dont la mission est de tempérer les critiques de la dictature. Ces réseaux, particulièrement actifs en France, sont pour beaucoup dans l’indulgence et la désinformation dont bénéficie le PCC dans notre pays et en Europe.

Choix stratégiques des démocraties

Il est vrai que les pays dits démocratiques hésitent entre trois stratégies : l’amitié, c’est-à-dire les yeux fermés sur la dictature, la contenance, c’est-à-dire neutraliser les méfaits de la dictature, et l’agression, c’est-à-dire la lutte contre le PCC.

L’hésitation, en dehors de la corruption bien rentable, provient du poids déjà acquis par la Chine dans la croissance mondiale. La Chine détient le monopole ou une position dominante pour plusieurs produits (l’industrie pharmaceutique, comme l’a révélé l’histoire du Covid), la Chine est un marché intérieur lucratif pour beaucoup d’exportateurs européens ou américains, les exportations chinoises accroissent le pouvoir d’achat des consommateurs du monde entier. Par l’importance de ses avoirs et de ses dettes en dollar, la Chine pèse sur la finance mondiale.

Mais la crainte de voir la Chine coloniser totalement le reste du monde, à commencer par l’Europe, peut au contraire justifier une politique de contenance, comme celle que les États-Unis avaient adoptée du temps de Kissinger – en vain, car l’URSS avait compris la non-intervention comme un passeport pour l’extension du communisme.

Reste l’agression, à la manière de Reagan et de la Star wars contre « l’Empire du mal ». Elle suppose une capacité de riposte armée considérable, dont seuls les Américains disposent encore, sans doute pour peu de temps. Donald Trump a été à la limite de la contenance et de l’agression. Durant ses tout derniers jours de présidence il a pris un décret pour interdire sur le sol américain l’application vidéo chinoise TikTok accusée à juste titre d’espionnage technique et militaire.

États-Unis : quel choix pour la France et l’Europe ?

Dans les silences profonds de Joe Biden sur ces questions, il est légitime de s’interroger sur ce que fera la nouvelle administration américaine. Mais il va de soi que la France et l’Europe sont directement concernées par l’orientation de Washington.

La position américaine est d’autant plus déterminante et attendue que l’Europe a déjà fait un premier pas dans la direction de l’amitié. Le 30 décembre dernier, le Président Xi Jinping a signé avec Ursula Von der Leyen, et Charles Michel, dirigeants de l’Union européenne, un accord sur les investissements chinois en Europe et européens en Chine.

Angela Merkel, présidente actuelle de l’Union, a poussé pour la signature de cet accord. Ce qui signifie que les Chinois ont porte ouverte sur les pays de l’Union, tandis que les investisseurs européens sont bienvenus en Chine ; mais sous surveillance des dictateurs naturellement.

La balance stratégique va-t-elle pencher d’un côté ou de l’autre avec la politique américaine à venir ? Je ne connais évidemment pas la réponse puisque Joe Biden a parlé de la démocratie aux États-Unis, mais pas du tout de la démocratie dans le monde, actuellement menacée par la Chine et l’Iran.

Se mobiliser pour la liberté

J’entends aussi deux discours qui me semblent dangereux, voire stupides.

L’un soutient que la démocratie ne peut pas lutter contre la dictature, il faut donc un pouvoir fort installé dans les pays démocrates (ce qui est un oxymore).

L’autre garantit que les démocraties occidentales, scellées par un accord entre USA et Union européenne, pourront se hisser au niveau chinois si un effort d’équipement et de formation était consenti dans tous les pays à l’initiative des États concernés et avec l’appui de la Banque centrale.

David a évidemment toutes les chances de battre Goliath, mais David n’a même pas une fronde. Il faut donc être naïf pour remettre à plus tard les réformes indispensables pour relever le défi chinois.

Je conclus que nous sommes aujourd’hui désinformés et endormis par l’idée que tout va s’arranger dans un avenir plus ou moins proche, puisque nous pouvons jouer sur la dette publique et la clairvoyance des investisseurs publics qui vont sérieusement prendre en mains l’abondante épargne privée.

Que les États-Unis soient toujours les combattants de la liberté dans le monde, comme ils l’ont été contre les nazis, contre les communistes, c’est évidemment ce que nous pouvons tous souhaiter. Mais de toute façon les États-Unis ne pourront pas assurer cette mission si la France et l’Europe, elles aussi, ne se mobilisent pas pour la démocratie, et ne se libèrent pas de l’État-providence. Elles doivent au contraire miser sur l’énergie et la foi que donne le retour à la liberté, à la responsabilité, à la propriété et à la dignité.

Cet article a été également publié dans la Nouvelle Lettre en date du 21 janvier 2021.