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    Jay Z et le patron de Twitter s'associent pour faire du bitcoin la "devise d'internet"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 13 February, 2021 - 09:57 · 2 minutes

Jay Z et le patron de Twitter s

BITCOIN - Jack Dorsey, le fondateur de Twitter, a annoncé ce vendredi 12 février la création avec le rappeur Jay Z d’une fondation pour financer le développement du bitcoin comme “devise d’internet”.

“Jay-Z et moi allons donner 500 bitcoins à nouvelle dotation nommée Btrust pour financer le développement du bitcoin, qui sera initialement concentrée sur des équipes en Afrique et en Inde”, a tweeté Jack Dorsey, également patron de Square, une société de services de paiements. 500 bitcoins valaient quelque 24 millions de dollars, vendredi.

“Ce sera une fiducie sans droit de regard, qui ne recevra aucune directive de notre part”, a-t-il précisé, avant de renvoyer vers un lien pour des candidatures aux trois premiers postes de membres du conseil. Selon la page de candidature, la mission de Btrust sera de “faire du bitcoin la devise d’internet”.

Un modèle de gouvernance décentralisée pour internet

Les autorités canadiennes ont autorisé vendredi le lancement d’un premier fonds au monde de bitcoins négocié en Bourse, donnant ainsi aux investisseurs un plus grand accès à cette cryptomonnaie.

Malgré sa réputation sulfureuse - le bitcoin est soupçonné d’être utilisé pour des transactions illégales - la cryptomonnaie est en train de gagner ses lettres de noblesse grâce aux investissements de grandes entreprises.

Lundi, Tesla a investi 1,5 milliard de dollars dans le bitcoin et prévoit d’accepter la devise virtuelle comme moyen de paiement pour ses voitures. En octobre, le géant des paiements en ligne Paypal a lancé un service d’achats, de ventes et de paiement par cryptomonnaie, tandis que Square annonçait avoir investi 50 millions de dollars dans le bitcoin.

BlackRock, qui gère des milliers de milliards de dollars pour le compte de fonds administrant les retraites de fonctionnaires et d’entreprises ou de riches fortunes, a aussi apporté sa légitimité en ajoutant fin janvier la devise virtuelle à la liste des produits financiers dans lequel il pouvait investir.

Jack Dorsey n’a jamais fait mystère de son intérêt pour le bitcoin , qu’il voit comme un modèle de gouvernance décentralisée pour internet.

À voir également sur Le HuffPost: Le Bitcoin en 5 questions, par Jake Adelstein

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    Trump restera banni de Twitter, même s'il se représente en 2024

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 10 February, 2021 - 17:49 · 2 minutes

Donald Trump à Washington le 12 janvier 2021 (AP Photo/Gerald Herbert, File)

RÉSEAUX SOCIAUX - Persona non grata. Alors que son deuxième procès en destitution s’est ouvert ce lundi 8 février, Donald Trump n’est pas prêt de pouvoir poster à nouveau des messages sur Twitter .

L’ancien président américain, dont le compte avait été supprimé du réseau social après les événements survenus le 6 janvier au Capitole, restera banni pour toujours. Et ce même s’il devait se représenter à la présidentielle américaine de 2024, a indiqué ce mercredi Ned Segal, le directeur administratif et financier (DAF) de Twitter.

Interrogé par CNBC, ce dernier a expliqué: “quand vous êtes banni de la plateforme, vous êtes banni de la plateforme. Que vous soyez commentateur ou un ancien ou actuel représentant public”. Évoquant ensuite le règlement de la plateforme, il a ajouté: “notre politique est conçue pour s’assurer que les gens n’incitent pas à la violence. Si quelqu’un fait ça, nous ne pouvons pas lui laisser l’accès au service. Et notre politique ne prévoit pas de retour en arrière”.

La décision de Twitter de supprimer le compte de Donald Trump avait déclenché des remous sur la plateforme et des débats enflammés : l’ancien président pouvait-il être considéré comme n’importe quel utilisateur?

“Je ne ressens aucune fierté à l’idée que nous ayons dû bannir Donald Trump”, avait confié le PDG de Twitter Jack Dorsey évoquant un ”échec de notre part à promouvoir une conversation saine”. Mardi, lors d’un bilan financier, il a toutefois assuré que la stabilité économique de l’entreprise n’avait pas été bousculée par le départ de Donald Trump. “Nous sommes une entreprise qui est beaucoup plus large qu’un seul sujet de conversation ou qu’un seul compte”, a notamment déclaré le dirigeant.

Reste à savoir si le magnat de l’immobiliser pourra un jour se représenter à la présidentielle américaine. Si à l’issue de son deuxième procès en destitution , Donald Trump est jugé coupable “d’incitation à l’insurrection”, les sénateurs pourront organiser s’ils le souhaitent un second vote en invoquant le 14e amendement. Ce dernier, né de la Guerre de Sécession, interdit à quiconque ayant “participé à une insurrection ou rébellion” contre les États-Unis de se présenter à une élection. Pas besoin de l’accord des deux tiers du Sénat, une simple majorité suffirait alors.

À voir également sur Le HuffPost: Joe Biden ne veut plus que Donald Trump reçoive d’informations confidentielles

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    Covid-19: Comment cet emoji est devenu le symbole des pro-vaccins

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 4 February, 2021 - 17:13 · 3 minutes

VACCIN - “Je suis vacciné”. Avec ces trois mots sur Twitter, certains utilisateurs font savoir avec une certaine fierté, avoir pu accéder à la vaccination contre le coronavirus . D’autres ont également décidé de le faire, mais de manière plus discrète. Ils utilisent deux emojis “seringue” qu’ils apposent à côté de leur nom de profil, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus .

Pour le moment, ce sont principalement des infirmiers, des médecins et plus largement le corps médical qui ont recours à cette méthode. Il est difficile de savoir d’où vient cette tendance. Pourquoi le font-ils? Quels messages veulent-ils faire passer? Pour mieux le comprendre, Le HuffPost LIFE a interrogé l’un d’entre eux.

Jean-Luc est infirmier dans l’est de la France. Il travaille aujourd’hui pour un laboratoire biologique où il fait des tests PCR. Il a reçu la première dose de vaccin au mois de décembre, puis la seconde à la fin du mois de janvier. Si au début de l’année, il affichait fièrement sa position via le hashtag # jesuivaccine , avec la seconde dose, il a procédé autrement.

"À l’origine c’était pour pousser les gens au vaccin. […] Une collègue nous a dit “quand vous aurez votre deuxième dose, s’il vous plaît ne mettez pas j’ai eu mes deux doses, car c’est rageant pour les personnes qui ne les ont pas”. Ce que j’ai compris, donc nous avons remplacé le #jesuisvaccine par les deux seringues ”, explique-t-il au HuffPost LIFE . En effet, certaines personnes ont déjà pris la parole pour alerter sur cette pratique.

Ces deux seringues ont également un autre objectif, celui de distinguer les pro-vaccins des “antivax” et des “fake med”. “Entre certains soignants ou pseudo soignants qui ont des théories complètement folles ou qui proposent des traitements complètement bidons, en affichant les deux seringues dans son profil, c’est une façon de prendre parti et d’afficher qui on est”, détaille Jean-Luc. En plus de cet emoji, certains vont même plus loin en détaillant si oui ou non, ils ont des effets secondaires.

L’idée est ici de mettre fin aux rumeurs propagées par les personnes contre le vaccin. Ces actions viennent compléter le travail effectué par Twitter. Depuis la fin du mois de décembre, la plateforme exige le retrait des publications mensongères sur les vaccins contre le covid-19. L’équipe de sécurité de l’application demande aux utilisateurs suggérant que les vaccins sont utilisés pour porter atteinte ou contrôler des populations, des mensonges sur de prétendus effets indésirables ou des remises en cause de l’existence même du Covid-19 et de la nécessité de se faire vacciner, de retirer leur post.

À partir de cette année, Twitter envisage également d’apposer des avertissements sous des tweets contenant des rumeurs sans fondement ainsi que des informations incomplètes ou hors contexte au sujet des vaccins.

À voir également sur Le HuffPost: Chez Pfizer, ces élus demandent de “libérer les brevets” sur les vaccins anti-Covid-19

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    Twitter a beau admettre une erreur, il suspend encore des comptes féministes

    news.movim.eu / Numerama · Wednesday, 27 January, 2021 - 17:47

De nouveaux comptes de militantes féministes ont été suspendus sur Twitter. Le réseau social avait reconnu lundi une « erreur » dans son algorithme de modération. [Lire la suite]

Voitures, vélos, scooters... : la mobilité de demain se lit sur Vroom ! https://www.numerama.com/vroom/vroom//

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    Comptes de féministes suspendus : pour une fois, Twitter admet une vraie « erreur »

    news.movim.eu / Numerama · Monday, 25 January, 2021 - 18:09

Twitter

Comment fait-on pour que les hommes arrêtent de violer ? La question, posée sur Twitter par une militante féministe, a mené à une suspension de son compte. D'autres comptes ont subi le même sort, avant que le réseau social ne revienne en arrière et, fait rare, admette une erreur et une faille dans son processus de modération. [Lire la suite]

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    Twitter devait-il bannir Donald Trump ? Le débat entre libéraux

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Wednesday, 20 January, 2021 - 04:00 · 6 minutes

Par Frédéric Mas.

Dans un billet en date du 12 janvier dernier paru sur le site Marginal Revolution , l’économiste Tyler Cowen revient sur l’éjection de Donald Trump de Twitter. Non seulement il approuve la politique de modération du célèbre réseau, mais il pose plusieurs questions à ceux qui se scandalisent de cette « censure ». Certaines d’entre elles s’adressent aux libéraux et aux libertariens :

« Robert Nozick a appelé à la création d’un archipel d’organisations politiques, chacune fixant ses propres règles de manière autonome. L’action de Twitter n’est-elle pas tout à fait conforme à cette vision ? L’équilibre libertarien optimal est-il vraiment celui qui ajoute une réglementation gouvernementale centralisée des codes de parole des plateformes technologiques ?  Si oui, cela vous incite-t-il à rejeter les doctrines libertariennes de manière plus générale ? »

Tyler Cowen fait ici référence à un passage du livre du philosophe libertarien Robert Nozick Anarchie, État et Utopie (1974). Dans le dernier chapitre, Nozick propose un modèle libertarien idéal, dans lequel l’individu rationnel choisit parmi une multitude d’associations politiques celle la plus conforme à ses propres aspirations, sur le modèle de n’importe quel marché concurrentiel :

« Si une association m’offre moins que ce qu’elle gagnerait à ma présence, une autre association qui apprécie aussi ma présence aura tout intérêt à m’offrir quelque chose de plus que la première […] afin que je la rejoigne elle plutôt que la première. De même pour une troisième association en comparaison avec la seconde, etc. Il ne peut y avoir de collusion entre les différentes associations en vue de réduire mon versement, puisque je peux imaginer n’importe quel nombre d’autres candidats sur le marché pour que je les rejoigne, aussi les associations feront-elles monter les enchères pour que je m’affilie à elles. »

Le modèle de théories proposé par le philosophe et logicien en s’appliquant au monde devient un « canevas » de groupes et d’associations :

« Dans notre monde véritable, ce qui correspond au modèle des mondes possibles est un vaste éventail diversifié de communautés que les gens peuvent pénétrer s’ils y sont admis, abandonner s’ils le désirent, façonner selon leurs désirs ; c’est une société dans laquelle l’expérimentation utopique peut être essayée, différents styles de vie vécus, et des visions différentes du bien peuvent être recherchées individuellement ou en groupe. »

Pour Cowen, la souveraineté de Twitter sur ses terres numériques s’apparente à celle d’une de ces multiples associations volontaires à laquelle s’agrègent les individus en fonction de leurs convenances. Demander à l’État d’intervenir pour mettre de l’ordre dans les réseaux sociaux reviendrait à consolider son monopole coercitif au détriment de la liberté individuelle.

La gauche de la gauche ne s’y est pas trompée, quand elle compare les plateformes technologiques à de nouvelles féodalités que l’État central doit briser pour transformer les services proposés en droits offerts aux citoyens 1 .

Les géants de la tech libertariens ?

Seulement, il est possible de formuler trois réserves -libérales- à la position de Tyler Cowen.

Le modèle d’utopie proposé par Nozick est-il le plus pertinent pour décrire l’écosystème des réseaux sociaux et des plateformes réellement existant ? L’oligopole des GAFA n’est pas le produit d’un marché de concurrence pure et parfaite. Sa position dominante ne s’explique pas uniquement, contrairement à une légende qu’elle entretient sur ses propres origines, par la qualité intrinsèque de ses biens et de ses services.

Les géants de la tech se sont toujours appuyés sur les commandes de l’État américain, avec lequel ils ont développé une relation symbiotique, en particulier en matière de surveillance, depuis le début pour prospérer et asseoir leur pouvoir 2 .

S’ajoute à cela la tendance monopolistique des géants du secteur, qui pour garder la main dans un système économique reposant sur l’information, ont fait pression sur les États pour durcir les conditions d’accès aux droits de propriété intellectuelle 3 . Comme le note l’économiste italien Ugo Pagano, avec les droits de propriété intellectuelle :

« le monopole n’est plus seulement fondé sur un pouvoir de marché dû à la concentration de compétences dans les machines et le management ; il devient également un monopole légal sur les connaissances 4 . »

La cartellisation d’une partie du débat public par les GAFA n’est-il pas une menace directe sur sa bonne tenue, et donc le bon fonctionnement de la démocratie libérale ? Réapparait ici une différence essentielle entre la position libérale classique et celle libertarienne.

Si la parcellisation du monde politique et du débat public ne pose théoriquement aucun problème au libertarien, ses effets sur le gouvernement représentatif interroge le libéral plus classique.

Le débat public en démocratie libérale

Qui tient les rênes du débat public oriente la discussion et la délibération politique qui font vivre les institutions démocratiques modernes. Est-ce aux réseaux sociaux d’en modérer les termes ou d’en formater le contenu ? La question s’est posée dès 2016, quand l’essentiel du débat sur l’élection présidentielle américaine s’est déplacé des médias traditionnels vers les plateformes technologiques, les réseaux et les forums du net.

Faudra-t-il une loi antitrust pour protéger le bon fonctionnement de la démocratie représentative ou plus simplement réviser la règlementation pour permettre l’émergence de concurrents face aux géants d’aujourd’hui ? Les avis divergent sur la solution à apporter à un phénomène économique sans précédent dans l’Histoire. C’est d’ailleurs cette nouveauté absolue qui prend au dépourvu libéraux et libertariens sur la question.

Enfin, l’inquiétude concernant le renforcement de la position centrale de l’État est légitime, mais est-elle vraiment compatible avec la propre conception « libertarienne » proposée par Tyler Cowen lui-même ? Tyler Cowen a créé la polémique parmi les libéraux en proposant sa propre version du libertarianisme, le State Capacity Libertarianism .

Elle offre selon lui une porte de sortie aux apories contemporaines du libéralisme en réhabilitant le rôle d’un État fort dans la défense et la promotion du capitalisme. S’inquiéter de voir l’État prendre un rôle d’arbitre dans le domaine des GAFA tout en lui donnant un rôle central dans l’édification totale du système économique capitaliste n’est-il pas un peu contradictoire, ou du moins myope ?

Dans le cas libertarien, la liberté d’expression est donc subordonnée à la propriété privée. Dans celui libéral classique, la liberté d’expression est un bien public à protéger pour faire vivre la démocratie libérale.

Alors, l’économie de l’information est-il un eldorado libertarien ou le paradis des nouveaux monopoleurs ? Le débat ne fait que commencer.

  1. Sur le sujet, voir par exemple Cédric Durand, Techno-féodalisme. Critique de l’économie numérique , La découverte, 2020 ou Shoshana Zuboff, L’âge d’or du capitalisme de surveillance , Zulma Essais, 2019.
  2. Felix Treguer, L’utopie déchue : une contre-histoire d’Internet , éditions Fayard, 2019.
  3. La propriété intellectuelle est au centre des critiques formulées par les libertariens. Voir par exemple Comment rémunérer les productions intellectuelles dans un marché libre ? in Contrepoints .
  4. Cité par Cédric Durant, op.cit., p. 163.
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    Twitter menace-t-il la liberté d'expression ?

    eyome · Saturday, 16 January, 2021 - 17:22

La réponse est dans la question...

https://francais.rt.com/international/82792-gouvernement-polonais-veut-empecher-reseaux-sociaux-censurer-a-leur-guise

Affaire à suivre...

Si Mozilla pouvait aussi regarder cette vidéo, au cas où hein...

#France, #Politique, #fr, #GAFAM, #Twitter, #Tatiana, #démocratie, #Mozilla

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    Google, Facebook, Twitter : la tentation du « safe space »

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Tuesday, 12 January, 2021 - 09:51 · 5 minutes

Google Facebook Twitter

Par Frédéric Mas.

Ron Paul , ancien député et ancien candidat à la présidentielle, figure de proue du mouvement libertarien aux États-Unis, a signalé avoir été bloqué par Facebook. La publication d’un article critique à l’endroit de la décision de bannir Donald Trump de Twitter pourrait être à l’origine de ce blâme virtuel, ce qui inquiète à juste titre les amis de la liberté.

Pour les géants du net, défendre la liberté d’expression ne semble plus de saison face à une extrême droite qui a fait le lit du trumpisme et fait trembler la démocratie américaine sur ses bases.

Peu importe si les contours de cette menace sont assez flous, elle est suffisamment réelle à leurs yeux pour avoir la main lourde en matière de modération. Le risque politique mais aussi commercial d’une modération précipitée est de transformer les réseaux sociaux en safe space , c’est-à-dire en lieux virtuels préservés de toute confrontation d’idées différentes que celles professées par leurs éditeurs. Cela risque fort d’affadir l’offre proposée par les réseaux sociaux dominants.

La responsabilité des géants du Net

Après les événements violents de Washington de la semaine dernière, il se pourrait que les GAFAM aient pris conscience de leurs responsabilités. L’élection de Donald Trump leur est imputable en partie, la polarisation du débat public n’existerait pas sans eux, et la circulation des fake news en vogue dans une partie de l’opinion publique est boostée par leur présence.

L’éviction numérique de Donald Trump ne serait finalement que le point final d’une longue et coupable histoire d’hésitation de la part des réseaux, tiraillés entre le besoin de satisfaire leurs clients et la nécessité de protéger la démocratie de ses ennemis.

Il est assez probable que la menace de régulation par les États soit à l’origine de cette prise de conscience. Jusqu’à présent, ceux-ci se contentaient de faire pression sur les réseaux pour qu’ils modèrent eux-mêmes leurs contenus. La censure était en quelque sorte externalisée .

Avec la déconvenue spectaculaire de Trump et le climat insurrectionnel qu’elle charrie, la pression sur les GAFAM est au maximum : accusée à gauche d’avoir fait élire Trump, elles sont aussi accusées à droite de l’avoir censuré injustement. Dans les deux cas, la demande pour briser l’oligopole par des lois anti-trust ou des mesures d’encadrement contre les fake news réapparait, et oblige les réseaux à donner des gages au pouvoir politique en serrant la vis.

Une stratégie commerciale risquée

Seulement, la chasse au trumpisme, qu’elle soit volontaire ou forcée, n’est pas une stratégie commerciale très prudente. Si les GAFAM entendent redorer leur réputation par le bannissement des comptes et des sites jugés indignes d’apparaître sur leurs plateformes, ses clients droitiers pourraient ne pas apprécier d’être catalogués parmi les ennemis du genre humain.

D’ailleurs, Twitter et Facebook dévissent en bourse depuis le bannissement de Donald Trump.

Les marchés anticipent la grogne des conservateurs contre les nouveaux médias, et la disparition de Parler ou de Gab ne va pas améliorer les choses.

Chasser le trumpisme des médias sociaux se fait au nom de la lutte contre les discours porteurs de violence. Certains critiquent déjà le deux poids deux mesures entre la parole de Trump et celle des dirigeants de l’Iran ou de la Turquie. D’autres font remarquer qu’au nom de la protection des utilisateurs des différents médias, on élimine au fur et à mesure les discours déviants.

Aujourd’hui on élimine l’alt-right et les trumpistes, demain ce sera les libéraux et les conservateurs classiques, qui deviendront la nouvelle extrême droite dangereuse à proscrire. Ou les trop gauchistes ou trop populistes aux yeux des dominants. C’est déjà ce qui arrive dans l’édition ou les médias plus traditionnels ; qu’on pense aux procès en sorcellerie adressés à Jordan Peterson ou à Bari Weiss .

Si demain, sous la pression politique ou idéologique des nouveaux maîtres de Washington, les réseaux sociaux en venaient à se transformer en pure vitrine pour vendre l’idéologie all inclusive et woke poussée par une gauche culturelle radicalisée, il y a fort à parier qu’ils perdraient beaucoup de leur attrait auprès d’une grande partie de leurs utilisateurs.

La liberté d’expression n’est pas seulement une nécessité pour faire vivre la démocratie et un principe libéral fondamental. Elle reste aussi le meilleur argument de vente pour des entreprises qui, historiquement, n’existeraient pas sans elle.