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    Pesticides: les négociations européennes s’ouvrent pour une réduction massive sur le continent

    news.movim.eu / Mediapart · 3 days ago - 17:38

La Commission européenne a dévoilé mercredi son projet de nouvelle directive pesticides. Objectif: réduction de moitié de l’usage de ces produits toxiques d’ici à 2030. Mais le mode de calcul et des objectifs différents selon les États membres risquent d’affaiblir l’ambition.
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    En Occitanie, l’acquisition de deux fermes par l’armée sème le trouble sur l’avenir de terres agricoles

    news.movim.eu / Mediapart · Wednesday, 8 June - 18:21

Une ferme cévenole en cours d’acquisition dans le Gard; une autre achetée en Aveyron sur les contreforts du Larzac: en Occitanie, l’armée est en train de mettre la main sur des terres agricoles. La Safer, rouage de ces transactions, a pourtant pour mission d’y favoriser l’installation d’agricultrices et d’agriculteurs.
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    www.mediapart.fr /journal/france/080622/en-occitanie-l-acquisition-de-deux-fermes-par-l-armee-seme-le-trouble-sur-l-avenir-de-terres-agricoles

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    Crise alimentaire: les pays du Sud doivent «regagner une capacité à se nourrir»

    news.movim.eu / Mediapart · Wednesday, 6 April - 10:44

Encourager l’agriculture productiviste n’est pas la bonne réponse à la crise alimentaire mondiale entraînée par la guerre en Ukraine, estime le rapporteur des Nations unies sur l’extrême pauvreté, Olivier De Schutter. Pour ce chercheur spécialiste des systèmes alimentaires, c’est la production locale des pays du Sud qu’il faut encourager.
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    Travail saisonnier en agriculture: pour la première fois, des exploitants condamnés

    news.movim.eu / Mediapart · Wednesday, 6 April - 10:41

Un deuxième volet de la gigantesque «affaire Terra Fecundis», du nom de l’entreprise d’intérim espagnole qui employait des personnes migrantes dans le sud-est de la France, vient de se refermer. La société ainsi que sept exploitations agricoles ont été condamnées pour travail dissimulé et emploi de sans-papiers.
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    Sur fond de guerre en Ukraine, le Parlement européen se divise sur la politique agricole

    news.movim.eu / Mediapart · Thursday, 24 March - 08:21

Les élus européens débattaient mercredi de la stratégie «De la ferme à la table», volet agricole de la politique climatique de la Commission. Au nom des bouleversements causés par la guerre en Ukraine, conservateurs et extrême droite rejettent désormais ces objectifs écologiques.
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    Les éléments du progrès : les pesticides de synthèse (5)

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Sunday, 31 January, 2021 - 04:25 · 5 minutes

pesticides

Par Tony Morley.
Un article de HumanProgress

Cultiver les cultures et élever les animaux qui nourrissent la population est une lutte permanente contre la détérioration induite par les parasites. L’agriculture produit une quantité anormale de calories, stockées dans un seul endroit : un trésor bien trop tentant pour un grand nombre de parasites. Les humains luttent contre les causes de la destruction et de la perte des récoltes depuis plus de dix mille ans.

Cependant, ce n’est que depuis quelques centaines d’années que la science et la technologie agricoles ont pu faire pencher la balance de la lutte contre la perte des récoltes en faveur de l’Homme. Les annales de l’Histoire regorgent d’exemples de  destruction et de perte de récoltes causées par les parasites, ce qui a souvent entraîné famine et pauvreté généralisées.

Entre 1845 et 1850, par exemple, un mildiou virulent s’est installé dans les champs de pommes de terre en Irlande , détruisant rapidement la quasi-totalité des récoltes. La famine a été immédiate et, sans accès à un réseau commercial vaste et varié de denrées alimentaires ni à une source plus variée de denrées disponibles chez soi, la famine s’est rapidement installée.

Le fléau qui a ravagé l’Irlande au milieu des années 1800 a fait plus d’un million de victimes. Entre 20 et 25 % de la population a soit péri de famine, soit immigré aux États-Unis ou dans d’autres pays.

L’application de fongicides modernes sur les champs irlandais aurait entièrement évité la famine. Malheureusement, il faudra encore une centaine d’années avant que de tels fongicides soient inventés.

Les pesticides sont une catégorie extrêmement large de composés chimiques, naturels et synthétiques, que les humains utilisent pour contrôler les plantes, les insectes, les animaux, les champignons, les bactéries et un large éventail de microbes infectieux ou destructeurs.

L’expérimentation de pesticides et d’herbicides naturels a débuté modestement en 2000 avant J.-C. dans le sud de la Mésopotamie, avec l’application de soufre en poudre sur les cultures maraîchères.

En 1550, un certain nombre de pesticides d’origine naturelle mais très toxiques étaient utilisés en Europe, notamment l’arsenic, le mercure et le plomb. Ces pesticides chimiques d’origine naturelle ont été largement utilisés jusqu’à ce que les premiers pesticides synthétisés en laboratoire soient mis au point, à partir des années 1940.

À partir des années 1950, de nouveaux pesticides synthétiques innovants ont été développés et testés en mettant progressivement l’accent sur la réduction de la toxicité chimique, du volume de pesticide nécessaire pour obtenir leur efficacité et un coût global pour l’agriculteur. Ces trois indicateurs de performance déterminants ont aidé les agriculteurs à produire davantage de cultures et à nourrir davantage de personnes et d’animaux à un coût moindre, permettant de réduire le recours au débroussaillage des terres.

L’application de pesticides sur les cultures agricoles a transformé les agriculteurs et ceux qui achètent les produits issus de l’agriculture. L’amélioration spectaculaire des rendements a permis de maintenir le coût réel des denrées alimentaires à un niveau nettement inférieur à celui qui aurait été atteint sans l’utilisation de pesticides.

L’utilisation moderne de fongicides aux États-Unis, par exemple, permet d’éviter entre 50 et 90 % des pertes de récoltes de fruits et légumes. À l’échelle mondiale, l’utilisation responsable des herbicides, insecticides et fongicides modernes permet d’éviter une perte de récolte annuelle moyenne d’environ 50 %.

En 2005, l’application de pesticides à l’échelle mondiale a permis d’éviter une perte de récoltes s’élevant à près d’un demi-billion de dollars. Avec les engrais et les équipements industriels modernes, les pesticides ont été et resteront partie intégrante de l’alimentation d’une civilisation humaine en pleine croissance.

L’application des pesticides ne se limite pas à l’agriculture intensive à grande échelle, car l’utilisation de pesticides naturels et synthétiques a également un rôle à jouer dans l’agriculture biologique.

Beaucoup trop nombreux sont ceux qui pensent que les aliments biologiques sont produits sans l’utilisation de pesticides. C’est faux . L’agriculture biologique est fortement dépendante d’un certain nombre de pesticides naturels qui sont au moins aussi toxiques, s’ils sont mal utilisés, que leurs homologues synthétiques.

Le sulfate de cuivre d’origine naturelle, par exemple, est largement utilisé dans la production biologique de raisins, de pommes de terre, de tomates, de pommes et d’autres fruits et légumes.

Au cours des cinq dernières décennies, les chercheurs ont travaillé avec diligence pour améliorer les avantages des pesticides, tout en réduisant les effets négatifs de leur utilisation.

Toutefois, il est toujours important de reconnaître que l’utilisation des pesticides modernes n’est pas sans risque. Lorsqu’ils sont utilisés de manière excessive et/ou incorrecte, les pesticides peuvent avoir un impact indésirable sur les plantes, les animaux et la santé humaine.

La bonne nouvelle, c’est que les chercheurs et les agriculteurs continuent à travailler sur des méthodes permettant de réduire la quantité de pesticides nécessaires pour protéger les cultures, grâce à des systèmes plus précis et plus efficaces de pulvérisation guidée par GPS et à des modes avancés de détection des parasites.

Ces deux méthodes permettent aux agriculteurs de lutter contre les petits parasites localisés avant que l’infection ou l’infestation ne se généralise.

Dans les décennies à venir, le rôle des cultures génétiquement modifiées (GM) dans la réduction de l’utilisation des pesticides va révolutionner l’agriculture. L’incorporation de gènes sélectionnés de lutte contre les infections et les infestations dans des cultures clés peut aider de nombreuses cultures agricoles à résister aux parasites et aux maladies , sans avoir recours à un traitement externe aux pesticides.

Aujourd’hui, les pesticides restent une protection très modeste mais solide contre les ravages de la nature qui, sinon, chercherait à dévorer ou à détruire les cultures, les matières premières et les animaux qui nourrissent l’humanité.

Leur utilisation a été l’une des rares technologies agricoles véritablement révolutionnaires qui ont contribué à notre situation actuelle d’abondance alimentaire.

Sur le web

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    Environnement et « principe de non-régression » : coup de frein du Conseil constitutionnel

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Wednesday, 30 December, 2020 - 04:00 · 10 minutes

environnement

Par André Heitz.

Par sa décision n° 2020-809 DC du 10 décembre 2020 ( décision et communiqué de presse ), le Conseil constitutionnel a déclaré conforme à la Constitution le texte qui est devenu la loi n° 2020-1578 du 14 décembre 2020 relative aux conditions de mise sur le marché de certains produits phytopharmaceutiques en cas de danger sanitaire pour les betteraves sucrières .

Une loi pour sauver la culture et la filière betteravières

Rappelons que la loi permet d’accorder des dérogations de 120 jours, conformément à la réglementation européenne, pour la production et l’emploi de semences de betteraves à sucre enrobées d’un néonicotinoïde afin de lutter contre les pucerons et, ce faisant, les jaunisses transmises par les pucerons.

Voici, pour l’édification des foules sur l’élégance et la clarté de la prose juridique, la disposition clé de la loi :

« Jusqu’au 1er juillet 2023, des arrêtés conjoints des ministres chargés de l’agriculture et de l’environnement, pris après avis du conseil de surveillance mentionné au II bis, peuvent autoriser l’emploi de semences traitées avec des produits contenant les substances mentionnées au premier alinéa du présent II dont l’utilisation est interdite en application du droit de l’Union européenne ou du présent code. Ces dérogations sont accordées dans les conditions prévues à l’article 53 du règlement (CE) n° 1107/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et abrogeant les directives 79/117/ CEE et 91/414/ CEE du Conseil. »

Rappel ironique et grinçant : « nul n’est censé ignorer la loi »…

En résumé… « compte tenu de l’ensemble des garanties »

Ce texte avait été contesté par les fractions à gauche de l’Assemblée nationale et du Sénat (le site du Conseil constitutionnel contient l’ensemble des pièces du dossier).

Le Conseil constitutionnel a donc rejeté leurs griefs. En résumé, selon le communiqué de presse :

« Le Conseil constitutionnel juge conforme à la Constitution, compte tenu de l’ensemble des garanties dont elle est assortie et en particulier de son application limitée exclusivement jusqu’au 1er juillet 2023, la possibilité de déroger à l’interdiction d’utiliser des produits phytopharmaceutiques contenant des néonicotinoïdes. »

Le « principe de non-régression »

Un des éléments importants de la contestation a été le « principe de non régression » introduit dans le droit français par la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages et maintenant inséré à l’ article L.110-1 du code de l’environnement :

« I. – Les espaces, ressources et milieux naturels terrestres et marins, les sites, les paysages diurnes et nocturnes, la qualité de l’air, les êtres vivants et la biodiversité font partie du patrimoine commun de la nation. Ce patrimoine génère des services écosystémiques et des valeurs d’usage.

[…]

  1. – Leur connaissance, leur protection, leur mise en valeur, leur restauration, leur remise en état, leur gestion, la préservation de leur capacité à évoluer et la sauvegarde des services qu’ils fournissent sont d’intérêt général et concourent à l’objectif de développement durable qui vise à satisfaire les besoins de développement et la santé des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Elles s’inspirent, dans le cadre des lois qui en définissent la portée, des principes suivants :

[…]

9° Le principe de non-régression, selon lequel la protection de l’environnement, assurée par les dispositions législatives et réglementaires relatives à l’environnement, ne peut faire l’objet que d’une amélioration constante, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment. »

Conférer une valeur constitutionnelle du principe de non-régression ?

Outre le retoquage de la loi, les opposants, ou certains d’entre eux, espéraient une décision de principe sur la « non régression » : qu’il lui soit reconnu une valeur constitutionnelle pour qu’il soit opposable non seulement à la loi déférée devant le Conseil constitutionnel mais aussi à tout texte ultérieur censé produire une régression, et ce, directement ou par le biais de l’article 2 de la Charte de l’environnement intégrée, elle, dans le bloc de constitutionnalité :

« Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement. »

Un « oui mais » ou un « non mais » du Conseil constitutionnel ?

Comme l’indique implicitement le résumé du communiqué de presse, le Conseil constitutionnel n’a pas validé l’applicabilité stricte de la non-régression en matière législative, laquelle reste assujettie aux circonstances du cas.

Selon le communiqué de presse, identique à la décision sauf pour sa partie introductive :

« En des termes inédits, le Conseil constitutionnel juge, au regard des articles 1er, 2 et 6 de la Charte de l’environnement, que, s’il est loisible au législateur, statuant dans le domaine de sa compétence, de modifier des textes antérieurs ou d’abroger ceux-ci en leur substituant, le cas échéant, d’autres dispositions, il doit prendre en compte, notamment, le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement mentionné à l’article 2 de la Charte de l’environnement et ne saurait priver de garanties légales le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé consacré par l’article 1er de la Charte de l’environnement.

Les limitations portées par le législateur à l’exercice de ce droit ne sauraient être que liées à des exigences constitutionnelles ou justifiées par un motif d’intérêt général et proportionnées à l’objectif poursuivi. »

La « non-régression » n’a donc pas la priorité sur, ce qui importe ici en pratique, l’« intérêt général ».

On ne peut que se réjouir que le Conseil constitutionnel ait fait prévaloir la voix du bon sens et de la raison.

La loi « betteraves-néonicotinoïdes » répond-elle à un « motif d’intérêt général » et est-elle « proportionnée à l’objectif poursuivi » ?

Le Conseil constitutionnel a noté en particulier (cité de la décision) :

« 20. Toutefois, en premier lieu, le législateur a cantonné l’application de ces dispositions au traitement des betteraves sucrières, ainsi que le prévoit l’article L. 253-8-3 du code rural et de la pêche maritime introduit par l’article 2 de la loi déférée. Il résulte des travaux préparatoires que le législateur a, ainsi, entendu faire face aux graves dangers qui menacent la culture de ces plantes, en raison d’infestations massives de pucerons vecteurs de maladies virales, et préserver en conséquence les entreprises agricoles et industrielles de ce secteur et leurs capacités de production. Il a, ce faisant, poursuivi un motif d’intérêt général. »

Il a également relevé d’autres restrictions : la limitation dans le temps ; la mise en œuvre du dispositif législatif par des arrêtés conjoints « pris après avis d’un conseil de surveillance spécialement créé » ; l’encadrement par les limitations imposées par le droit de l’Union Européenne ; les conditions agronomiques de mise en œuvre des dérogations afin de réduire l’exposition des insectes aux résidus des produits employés.

Que fallait et faut-il « mettre dans la corbeille » ?

Si le Conseil constitutionnel a rejeté –à fort juste titre à notre sens – une interprétation « jusqu’au-boutiste » du principe de non-régression, nous ne connaîtrons pas précisément le rôle joué par les restrictions précitées sur sa décision.

Le communiqué de presse n’a certes pas valeur juridique, mais il se conclut comme suit :

« De l’ensemble des garanties dont elles sont assorties et compte tenu en particulier de ce qu’elles sont applicables exclusivement jusqu’au 1er juillet 2023, le Conseil constitutionnel juge conformes à la Constitution les dispositions contestées. »

Chaque cas doit évidemment être analysé selon ses mérites. Mais le Conseil constitutionnel ne nous aura pas vraiment éclairé sur ce qu’il faut mettre dans la corbeille, en termes d’« écocompatibilité », pour que soit acceptable une modification de la législation pour un motif « d’intérêt général ».

Plus précisément, fallait-il l’ensemble des restrictions, ou la limitation dans le temps mentionnée dans le communiqué de presse aurait-elle été suffisante ?

Le Conseil constitutionnel ne s’en est pas laissé conter

En tout cas, le Conseil constitutionnel ne se sera pas laissé impressionner par les jérémiades des députés requérants sur l’insuffisance alléguée de l’étude d’impact préalable ; ni par la longue litanie de références à des articles scientifiques, dont beaucoup militants, sur la dangerosité alléguée des néonicotinoïdes ; ni par les arguties des intervenants (tous en soutien des demandes de censure de la loi) ; ni par un amicus curiae de 14 avocats (résumé ici ).

On peut en revanche être impressionné par la capacité des mouvances « environnementalistes » à poser des mines dans l’arsenal juridique, à actionner les instances judiciaires (ce qui est leur droit le plus absolu) et à s’assurer le concours des chercheurs militants.

Ce genre d’alignement de planètes ne peut que se répéter à l’avenir, en étant le cas échéant préparé longtemps à l’avance.

Il n’y a pas que le tapage médiatique (voir par exemple « Faut-il boycotter les pull-overs pour avoir raison des antimites ? ») : l’attaque en règle contre les néonicotinoïdes avait été planifiée sur le plan « scientifique » dans ce qu’on peut appeler à juste titre un complot (la preuve matérielle est reproduite dans « Faut-il avoir peur des néonicotinoïdes ? »).

Et pour les betteraves ?

Le psychodrame français se reproduira en principe dans un peu plus de deux ans, quand on fera le constat de l’absence de « solutions alternatives », le pas de temps de la recherche-développement n’étant pas celui de la politique (voir « Néonicotinoïdes, betteraves et jaunisse : autopsie d’un psychodrame français »).

( Source )

« 21. En deuxième lieu, les dispositions contestées ne permettent de déroger à l’interdiction d’utilisation des produits en cause qu’à titre transitoire, le temps que puissent être mises au point des solutions alternatives. Cette possibilité est ouverte exclusivement jusqu’au 1er juillet 2023. »

Alors, nous en saurons peut-être plus du Conseil constitutionnel qui ne manquera pas d’être saisi – sauf coup d’arrêt mis aux dérogations par les instances de l’Union européenne .

Et à plus long terme ?

Notre génial Président de la République Emmanuel Macron a eu la géniale idée d’instituer une « Convention citoyenne pour le climat » dont les rênes ont été confiées à un activisme qui a eu la géniale idée d’insérer dans l’article premier de la Constitution le principe que la République garantit la préservation de la biodiversité, de l’environnement et lutte contre le dérèglement climatique.

Et notre génial Président a décidé d’en faire l’objet d’un référendum.

Pour quel résultat ? Les rêves des uns sont les cauchemars des autres…

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    L’agriculture cellulaire, c’est l’avenir… sauf en France ?

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Monday, 28 December, 2020 - 04:20 · 6 minutes

agriculture cellulaire

Un entretien avec la directrice de l’association Agriculture Cellulaire France, Nathalie Rolland, réalisé par Constance Péruchot pour Contrepoints.

Dans un essai datant de 1931, Winston Churchill parlait de la nécessité d’échapper à l’absurdité de devoir élever un poulet entier, pour produire uniquement la partie qui sera mangée. Déjà, la classe politique s’intéressait à notre assiette et son futur.

Depuis quelques années, l’élucubration de Churchill ne semble plus si fantaisiste. En 2013, les futurs fondateurs de Mosa Meat présentaient au monde le premier steak haché cultivé en laboratoire. La méthode consiste, dans les grandes lignes, à prélever un petit échantillon de tissu musculaire sur un animal pour isoler une cellule musculaire et la faire développer dans un milieu adapté afin d’obtenir des fibres musculaires et enfin, du tissu musculaire qui sera la base de la viande cultivée.

Une première mondiale suivie par de nombreuses innovations issue de l’agriculture cellulaire : poulet (Super Meat, Future Meat Technologies), lait (Perfect Day), blanc d’œuf (Clara Foods), porc (New Age Meats, Higher Steaks, Meatable). Aujourd’hui, la recherche et développement arrivent à un point de maîtrise qui rapproche de plus en plus ces produits de nos rayons de supermarché.

Début décembre, Singapour a été le premier État à autoriser la mise sur le marché des produits Eat Just Inc., issus de l’agriculture cellulaire. Pour les entreprises du secteur, il s’agit du premier pas vers un développement massif de l’échelle de production. Progrès sanitaire, éthique et potentiellement environnemental, l’agriculture cellulaire suscite de vives réactions de la part de certaines personnalités politiques, dont le ministre français de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Dans un tweet , Julien Denormandie a déclaré sa défiance envers la technologie de l’agriculture cellulaire, en concluant « Comptez sur moi pour qu’en France, la viande reste naturelle et jamais artificielle ! »

Nous avons souhaité interroger la directrice de l’association Agriculture Cellulaire France, Nathalie Rolland, à propos de cette réaction ainsi que des perspectives du secteur en France. Créée en 2019, Agriculture Cellulaire France a pour mission d’informer, alimenter la réflexion autour de l’agriculture cellulaire et encourager la recherche. L’un des défis principaux de l’association est d’accompagner les décideurs publics dans leur connaissance du secteur.

C : Nathalie, quel pourrait être l’impact de la prise de position de Julien Denormandie pour le marché de l’agriculture cellulaire en France ?

Nathalie Rolland : Le tweet de M. Denormandie est une réaction personnelle aux événements récents d’autorisation de commercialisation de la viande cultivée à Singapour, qui n’engage la France ni dans le présent ni dans l’avenir.

L’autorisation d’un nouvel aliment est une décision prise au niveau européen. Des individus, décideurs et organisations souhaitent que le domaine de l’agriculture cellulaire se développe en France. Il nous semble important que les consommateurs qui souhaitent se tourner vers les produits de l’agriculture cellulaire puissent le faire.

Le danger est que les Français se retrouvent à consommer des produits fabriqués ailleurs et que la France rate cette opportunité de compétitivité qu’offre le développement des protéines alternatives, domaine sur lequel notre pays a toutes les capacités de se positionner en leader.

C : Dans certains pays, l’agriculture cellulaire est en effet soutenue par les gouvernements. En Israël, Benyamin Netanyahu a visité il y a quelques jours les laboratoires de l’entreprise Aleph Farms, qui développe des steaks cultivés. C’est avec enthousiasme et même émotion que le Premier ministre a exprimé son soutien à cette innovation qui « change la réalité humaine » , selon ses termes.

Qu’attend l’association Agriculture Cellulaire France du gouvernement français?

Nathalie Rolland : Nous pensons que le gouvernement français doit soutenir le développement de ce domaine afin d’aider à résoudre les problèmes posés par l’élevage industriel. Ces produits sont développés pour être meilleurs pour l’environnement, la santé et le bien-être des animaux. Ils devraient produire moins de gaz à effet de serre si des énergies propres sont utilisées, demander beaucoup moins de terres et d’eau, moins polluer l’eau, lutter contre la déforestation et ainsi préserver les habitats naturels.

En plus de demander moins de ressources naturelles, ces produits aideront à lutter contre l’antibiorésistance et la propagation de maladies zoonotiques.

Enfin, aucun animal ne devra être tué dans le développement de ces produits. C’est pourquoi d’autres gouvernements soutiennent leur développement, comme par exemple le gouvernement flamand qui a octroyé une subvention de 3,6 millions d’euros à la recherche sur le développement de cellules de graisse. Plusieurs projets ont également reçu des soutiens financiers de l’Union européenne (ex : Meat4All, CCMeat, Cultured Beef, etc.).

C : Où en est la recherche au niveau mondial dans le domaine de l’AC ?

Nathalie Rolland : Il y a de plus en plus de projets de recherche financés par des gouvernements et des ONG. Nous pouvons donc dire que la recherche avance. En Allemagne, l’université technique de Munich est en train de mettre en place une chaire sur l’agriculture cellulaire.

Cependant, la recherche sur ce sujet est encore sous-développée, ainsi que ses financements. Côté français, nous ne connaissons aucun projet de recherche publique sur le sujet et nous déplorons cette situation. Il ne faudrait pas que la France prenne trop de retard sur le sujet.

C : Les réticences politiques à l’égard de l’agriculture cellulaire sont en partie liées à ses conséquences sur la filière viande en France et ses éleveurs. Vers quel modèle se dirige-t-on ?

Nathalie Rolland : Il est difficile d’estimer les transformations du marché de la viande en raison de l’agriculture cellulaire. Le développement de l’agriculture cellulaire pourrait évoluer vers un petit marché de niche avec peu d’implications pour le marché de la viande. Ce domaine pourrait aussi représenter une partie significative de ce marché dans quelques années comme le suggèrent certaines études ( 35 % du marché en 2040 ).

Nous pensons que ces produits mettront encore du temps à arriver sur le marché. Ce que nous espérons est que l’agriculture cellulaire remplacera une partie significative de la production industrielle de produits animaux pour que se réalisent ses bénéfices potentiels sur l’environnement, notre santé et les animaux.

L’élevage conventionnel continuera à exister, et nous espérons que les éleveurs pourront retourner à un élevage plus traditionnel et qualitatif. Certains chercheurs estiment que l’agriculture cellulaire peut être compatible avec le maintien d’une production locale, et offrir des opportunités aux éleveurs.

Il est par exemple possible d’envisager un scénario dans lequel des animaux (à la campagne ou dans des fermes urbaines respectueuses des animaux) serviraient de donneurs vivants de cellules souches pour la production de la viande.

De manière générale, on peut s’attendre à ce que les éleveurs continuent d’adresser la demande des consommateurs privilégiant les produits animaux conventionnels et que l’agriculture cellulaire aidera à répondre à une très forte demande mondiale en produits animaux.

Retrouvez toutes les informations sur l’association Agriculture Cellulaire France sur leur site : https://agriculturecellulaire.fr/