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    Présidentielle 2022: Laurent Wauquiez renonce à se présenter

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 26 August - 16:57 · 2 minutes

Laurent Wauquiez (ici le 27 juin 2021 à Lyon) renonce à se présenter à la présidentielle de 2022.

POLITIQUE - Un de moins. Alors que les candidatures se bousculent à droite, avec l’annonce ce jeudi 26 août de la participation d’ Éric Ciotti à la primaire putative de la droite, Laurent Wauquiez , lui, annonce qu’il ne sera pas candidat.

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes l’a annoncé sur Twitter en fin de journée, confirmant les informations de BFMTV .

″Être candidat à l’élection présidentielle, c’est une décision que l’on prend non parce que l’on en a simplement envie, mais parce que c’est un moment où on se sent en situation de rassembler son camp et de réunir les Français. Je considère que pour moi ce moment n’est pas venu”, a écrit l’ancien patron de LR.

“Ne pas ajouter de la division à la division”

“Ce choix, je le fais aussi parce que je ne veux pas ajouter de la division à la division. Les candidatures à la présidentielle à droite se multiplient de façon inquiétante, et certains candidats expliquent même qu’ils se présenteront sans accepter de règle commune”, a-t-il encore écrit, visant sans le nommer son rival Xavier Bertrand.

À l’heure actuelle, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse a déclaré sa candidature, tout comme le professeur de médecine et maire LR de La Garenne-Colombes, Philippe Juvin ( Lire son entretien du jour dans nos colonnes ) .

Primaire incertaine

Embêtée par la candidature de Xavier Bertrand, ex-LR qui a promis de se présenter sans passer par la case primaire, la direction du parti semblait freiner des quatre fers quant à la tenue de ce scrutin, qui n’a pas permis à la droite de l’emporter en 2017. Le maire d’Antibes Jean Leonetti s’est vu confier la charge d’organiser ce qui pourrait ressembler à une primaire moins ouverte que la dernière, qui avait rassemblé plus de 4 millions de votants à chaque tour.

Dès lundi 30 août, un vaste sondage Ifop, commandé par le parti, testera les différents candidats auprès de 15.000 sympathisants LR. Les résultats seront remis quinze jours plus tard et le congrès du 29 septembre doit arrêter le processus du désignation du candidat ou de la candidate.

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    Présidentielle 2022: Philippe Juvin veut "un accord politique avec Xavier Bertrand"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 26 August - 16:44 · 7 minutes

Le docteur Philippe Juvin, chef des urgences à l

POLITIQUE - À huit mois de la présidentielle, la droite est plus morcelée que jamais. Entre ceux qui sont candidats à une primaire (Valérie Pécresse, Éric Ciotti depuis ce jeudi 26 août, sans doute Michel Barnier ce soir sur TF1), Xavier Bertrand qui ne souhaite pas s’y associer et ceux qui entretiennent encore le suspense comme Laurent Wauquiez ou Bruno Retailleau, les électeurs ont de quoi être perdus.

Philippe Juvin, chef des urgences à l’hôpital Georges Pompidou à Paris et maire LR de La Garenne-Colombes fait partie de la première catégorie. Dans cette primaire, si elle a lieu (réponse le 25 septembre au plus tard), il entend faire entendre une autre voix et compte sur son parcours de médecin, atypique en politique et utile en temps de pandémie . Fait rare de ce côté de l’échiquier, il se veut le candidat “des services publics”, sans toutefois augmenter le nombre de fonctionnaires, et plaide pour des dons de vaccins aux pays d’Afrique de toute urgence.

Politiquement, Philippe Juvin propose à Xavier Bertrand un “accord politique” qui s’appuierait sur les sondages du mois de janvier 2022 pour départager le président des Hauts-de-France et le vainqueur de la primaire. Entretien.

Eric Ciotti vient de se déclarer candidat à la primaire. Comment recevez-vous cette candidature ?

C’est une très bonne nouvelle. Il a une expertise sur les questions de sécurité, ce qui permettra au débat de prendre de l’ampleur.

Y aura-t-il une primaire chez LR ?

Je ne suis pas devin, mais si nous voulons être au second tour de la présidentielle, puisqu’aucun candidat ne se détache naturellement, la logique voudrait qu’il y en ait une. La primaire permet aussi de mettre des idées nouvelles sur la table, c’est l’une des raisons de ma candidature.

Vous voulez être “le candidat des services publics”, ce n’est pas fréquent à droite…

La droite s’est caricaturée sur les services publics. Dans un esprit de “père Fouettard”, elle proposait 500.000 fonctionnaires en moins en 2017. Quant à la gauche, elle créait des postes sans se soucier de leur efficacité. J’ai vu les services publics paupérisés pendant la crise, des gens qui n’ont pas pu être soignés, sans parler de la sécurité ou de l’école . Il y a une autre épidémie dont personne ne parle, c’est celle de l’ignorance. Il y a un décrochage intellectuel du pays. Le niveau scolaire s’effondre et notre pays a raté des évolutions scientifiques pour faire face à cette épidémie. Où est notre vaccin?

Il faudra investir dans les infrastructures vétustes de notre pays. 10% des ponts posent des problèmes de sécurité et une gare sur deux est délabrée.

Combien de postes de fonctionnaires proposez-vous en plus ?

Il s’agit plus de redéploiement que de créations de postes. En mettant fin à la bureaucratie, aux doublons, j’estime que l’on peut redéployer 300.000 fonctionnaires directement au contact des Français. En tant que médecin, je passe 30% de mon temps à chercher des lits pour les malades, quand je préférerais être à leur chevet. Les Français verront la différence. Il faudra aussi investir dans les infrastructures vétustes de notre pays. 10% des ponts posent des problèmes de sécurité et une gare sur deux est délabrée.

Pourriez-vous soutenir Xavier Bertrand qui ne souhaite pas participer à la primaire?

Je veux un accord politique avec Xavier Bertrand. Il ne va pas à la primaire, c’est son choix, il faut le respecter. Mais nous ne pouvons pas avoir deux candidats au premier tour. Si je gagne la primaire, je passerai un accord politique avec lui. En janvier, s’il est devant dans les sondages, on le soutient; s’il est derrière, c’est lui qui nous soutient.

Jean Castex a annoncé ce matin une 3e dose de vaccin pour les plus de 65 ans, à commencer par les résidents des Ehpad le 12 septembre. Est-ce une bonne idée?

À terme, il est probable que tout le monde ait besoin d’une troisième dose, même les plus jeunes, car, avec le temps, l’efficacité du vaccin diminue. La question, c’est quand? Sans doute immédiatement pour les plus de 80 ans. Mais plus on attendra pour les autres, plus on pourra vacciner l’Afrique. Avec moins de 2% de vaccinés, l’Afrique va fabriquer des variants, ce qui va entretenir la pandémie. L’excédent de doses achetées par les pays occidentaux suffit à vacciner l’Afrique. Il faut s’en préoccuper, car il ne sert à rien d’être dans un îlot de vaccinés.

Jean-Luc Mélenchon dit que l’utilité d’une 3e dose n’est pas prouvée . Quel est votre avis?

Il aurait mieux fait de dire “ce n’est pas prouvé pour tout de suite”. Pour moi, à 57 ans, il a raison, c’est inutile aujourd’hui. Je vais perdre l’efficacité de mes deux doses dans les semaines ou mois qui arrivent, je ne sais pas encore quand. Dans quelques mois, ce sera probablement indispensable. Mais d’ici là, vaccinons l’Afrique.

Comme d’habitude, ils vont se réveiller en catastrophe pour faire des recommandations sur les purificateurs d'air à l'école et ce sera trop tard.

La rentrée approche, Jean-Michel Blanquer encourage les collectivités locales d’installer des purificateurs d’air à l’école. L’avez-vous fait dans votre commune?

Il a raison: les écoles maternelles et élémentaires sont sous la responsabilité des communes. J’équipe la totalité de mes écoles en analyseurs de CO2: on a passé les commandes avant l’été, elle en auront toutes à la rentrée. La question-clé - et c’est là où ils ne sont pas sérieux - c’est que je demande depuis des semaines à l’Education nationale de la documentation sur d’autres appareils: les purificateurs d’air. Je reçois beaucoup de propositions de vendeurs mais c’est au ministre de m’expliquer quels appareils acheter. Les maires sont abandonnés. Comme d’habitude, ils vont se réveiller en catastrophe et ce sera trop tard. Il faudra passer les appels d’offres et les vendeurs seront en rupture de stock.

Jean-Michel Blanquer nous dit qu’il y a une nouveauté à l’école: les autotests. Ce qui est incroyable c’est qu’il le découvre maintenant. L’Angleterre le fait depuis février et je le demande depuis un moment. Ils sont sûrement tous intelligents au gouvernement, mais il leur manque une chose: ils n’ont jamais été maires .

Emmanuel Macron estime que la crise sanitaire va durer jusqu’en 2022. Pensez-vous la même chose?

Oui, bien sûr. Tant que le monde entier n’est pas vacciné, on peut avoir un nouveau variant. L’Afrique sera peut-être vaccinée en 2022. Ça nous emmène en 2023. Oui, nous en avons pour longtemps.

Peut-on faire campagne pendant une pandémie?

Il y a eu des campagnes pendant la guerre, des élections dans d’autres pays. Il faut que la démocratie fonctionne. On va s’adapter, comme on a adapté notre vie sociale. La lutte contre l’épidémie ne doit pas être arrêtée, p as plus que la vie politique et démocratique.

Valenciennes, Biarritz, la Corse… Vous vous êtes beaucoup déplacé cet été. Dans quel état est le pays à huit mois de la présidentielle?

Le sentiment que j’ai est celui d’une immense inquiétude sur la capacité des responsables politiques à faire autre chose que du commentaire. Beaucoup d’élus commentent l’actualité, comme le ferait un sociologue ou un journaliste. Ce n’est pas ce qu’on attend d’eux. Je vois aussi le scepticisme envers les politiques en raison de l’homogénéité des parcours. C’est une autre raison de ma candidature: un parcours différent des autres et une méthode nouvelle.

Le duel Macron-Le Pen peut-il être déjoué?

Depuis 1981, les élections ont été remportées par quelqu’un qui n’était quasiment jamais donné gagnant en septembre...

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    Macron en Irak à la rencontre de "la diversité irakienne", sur les ruines de Daech

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 26 August - 15:15 · 3 minutes

La mosquée Al-Nouri, reprise aux mains de Daech en 2017. Le président Macron se rendra sur le chantier de sa reconstruction.

INTERNATIONAL - C’est un long déplacement qui va durer tout le week-end. Emmanuel Macron se rend en Irak ce vendredi 27 août au soir pour deux jours à la rencontre de toutes les composantes de la société irakienne, quasiment un an, jour pour jour, après son dernier déplacement du 2 septembre 2020.

“Le Président de la République accorde beaucoup d’importance à l’Irak, État pivot et charnière, notamment concernant la stabilité du Moyen-Orient ”, expliquait l’Élysée, quelques jours avant son départ. Tout au long de sa visite, le président aura à cœur de “marquer l’attachement de la France au renforcement de la lutte contre le terrorisme, au développement économique du pays et à sa stabilisation”.

Échanges avec des influenceurs de Mossoul

Après des entretiens samedi 28 août au matin à Bagdad avec le président irakien, Barham Salih, et le Premier ministre Moustafa al-Kazimi, le chef de l’État participera à une conférence avec plusieurs pays de la région, co-organisée avec l’Irak, sans la Syrie qui n’est pas invitée. “Il s’agira, pour l’ensemble des participants, de manifester leur soutien au rôle pivot de l’Irak et de contribuer à la baisse des tensions régionales en favorisant le dialogue”, précise l’Élysée.

Dimanche 29 août, le président se rend à Mossoul , au nord du pays, territoire anciennement détenu par le califat territorial de Daech . “L’objectif est d’échanger avec la population locale et d’apporter le soutien de la France aux opérations de stabilisation et de reconstruction de cet espace”, détaille le Palais. Emmanuel Macron rencontrera des étudiants et des influenceurs sur place qui “ont construit une partie de leur jeunesse sous Daech et qui construisent leur avenir”.

Déplacement “optimal” sur le plan de la sécurité du président

“Même si le califat territorial a été détruit, Daech et le terrorisme en général restent une menace”, rappelle l’Élysée qui promet un déplacement “optimal” sur le plan de la sécurité du président sur place. Emmanuel Macron ira sur les ruines de la mosquée sunnite Al-Nouri , là où l’“État islamique” avait été proclamé en 2014, un site symbolique de la lutte contre Daech, aujourd’hui en chantier après sa destruction.

Autre temps fort du déplacement, la rencontre avec les Kurdes qui ont lutté contre le califat et “des éléments français de l’armée qui mènent une lutte quotidienne contre Daech”, explique le Palais, sans en dire plus pour des raisons de défense nationale. “Ce combat se poursuit, il s’agit d’éviter une résurgence”, précise encore l’Élysée.

Rencontre de toutes les communautés religieuses

Le président français rendra visite à la famille d’Hujam Surchi, peshmerga emprisonné et exécuté par Daech à qui il rendra hommage. Emmanuel Macron rencontrera aussi Massoud Barzani, ancien président de la région autonome du Kurdistan et “symbole des combattants kurdes”. Il s’agira de démontrer “l’attachement de la France au Kurdistan, dans tous les domaines”.

L’essayiste Caroline Fourest, réalisatrice d’un film sur les combattantes kurdes “que le président a vu” sera dans la délégation officielle, ”à la demande du président de la République”. Il sera aussi accompagné de la co-lauréate du prix Nobel, Nadia Murad, torturée par Daech et issue de la communauté yézidie.

Le président prendra soin d’aller à la rencontre de “la diversité irakienne”, avec plusieurs étapes dans les communautés religieuses qui composent le pays. Samedi 28 août, il se rendra au sanctuaire chiite de Kadhinya,“lieu de prière et d’échanges”. Il rencontrera également des représentants des chrétiens d’Orient pour leur dire leur “attachement” et sera reçu à Notre-Dame de l’Heure, à Mossoul, lieu de culte catholique. Mgr Pacal Gollnisch, directeur général de l’oeuvre d’Orient qui soutient cette communauté fait partie de la délégation officielle.

La situation en Afghanistan sera évoquée par les différentes parties en présence, mais n’est pas “le point central” de la conférence régionale ni du déplacement du président.

À voir également sur Le HuffPost : En Irak, le pape célèbre une messe sur les ruines d’une église bombardée par l’EI

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    Laurent Wauquiez mis en cause dans l'incendie de la préfecture du Puy-en-Velay

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 21 May - 19:46 · 3 minutes

Laurent Wauquiez, ici lors d

PUY-EN-VELAY - Le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez a davantage joué le rôle de “pyromane” que celui de “pompier” dans l’incendie de la préfecture du Puy-en-Velay , en 2018 lors de l’acte III des gilets jaunes, dénonce l’ancien préfet de la Haute-Loire Yves Rousset dans un livre.

Sollicité par l’AFP, Laurent Wauquiez s’est déclaré “triste de voir un homme habité à ce point par la rancœur”.

Dans l’ouvrage intitulé “La préfecture est en feu!”, l’ancien préfet revient sur les évènements du 1er décembre 2018, lorsque des projectiles enflammés de type cocktail Molotov avaient été lancés sur le bâtiment, déclenchant un incendie dans une annexe.

Dix-huit gendarmes et policiers avaient été blessés et le président Emmanuel Macron s’était rendu sur place trois jours après pour apporter son soutien au personnel, avant d’être chahuté à sa sortie par des manifestants.

“Ce qui m’a le plus outré dans cet épisode dramatique, c’est ce qu’ont subi les forces de police et de gendarmerie (...). Laurent Wauquiez, qui fait de la sécurité une de ses priorités, n’a jamais eu un seul mot pour leur témoigner sa compassion”, commente le préfet, en poste de septembre 2017 à mars 2019.

Une “présentation fausse et caricaturale”, selon l’entourage de Laurent Wauquiez, qui rappelle à l’AFP que ce dernier avait dénoncé une violence “inacceptable” et s’était rendu le lendemain au commissariat du Puy-en-Velay “en soutien aux fonctionnaires de police”.

Yves Rousset esquisse dans son ouvrage un parallèle “toutes proportions gardées” entre l’incendie de la préfecture à l’intérieur de laquelle il se trouvait et l’invasion du Capitole par les soutiens de Donald Trump , à Washington, en janvier dernier.

“Quel gâchis!”

Il écrit que “dans les deux cas” l’instigateur avait fini par “demander le retour au calme sans condamner les violences” commises. Il dépeint un Laurent Wauquiez “plus pyromane que pompier”.

“S’il y a eu de tels débordements, avec un tel niveau de violence, c’est qu’il y avait une telle détestation de l’État entretenue depuis plusieurs mois, voire plusieurs années par les élus locaux serviles, clairement aux ordres du grand chef”, explique à l’AFP l’ex-préfet de ce département dont l’ex-président des Républicains a fait son fief, dans les pas de son mentor centriste Jacques Barrot.

“D’autres observateurs ont déjà souligné l’irresponsabilité de celui qui avait organisé des rassemblements sous les fenêtres de la préfecture, vêtu lui-même d’un gilet jaune le 24 novembre ( 2018, NDLR ), ce qu’il a par la suite tenté de nier” avant que des photos soient publiées dans la presse locale, poursuit-il.

L’ex préfet dit avoir connu durant sa carrière “des différends avec des élus de droite et de gauche”, mais “au niveau local ils respectaient l’État, sans coups-fourrés comme Laurent Wauquiez en fait”, pointant les “propos erronés”, “mensonges par omission” et tentatives d’intimidation de l’élu régional et de ses obligés.

“Comme il est un homme public et qu’il prétend à des hautes fonctions, cette facette de sa personnalité, je trouve que c’est mieux de la faire connaître. Mais je ne crois pas que l’homme se résume à cela”, conclut l’ancien fonctionnaire.

Yves Rousset “n’a jamais aimé ni compris la Haute-Loire. Au lieu de s’interroger sur ce qu’il a pu manquer, il préfère attaquer tout le monde. Quel gâchis!”, a encore répondu Laurent Wauquiez.

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    Les Indignés : de la rue à la coalition avec le Parti socialiste ?

    news.movim.eu / LeVentSeLeve · Saturday, 15 May - 16:47 · 20 minutes

Le 15 mai 2021 marque le dixième anniversaire du mouvement des Indignés en Espagne. Issu du mécontentement populaire lié à la crise financière de 2008, ce cycle de mobilisation sans précédent a secoué le paysage politique en remettant en cause le bipartisme du Parti Populaire et du Parti Socialiste. Les partis nés après le 15M se sont présentés comme des formations « anti-système » et ont revendiqué le discours populiste des Indignés. Or, suite à la démission de Pablo Iglesias et à l’émergence de Vox, un populisme de nouvelle nature semble s’affirmer. 10 ans après, que reste-t-il du mouvement des Indignés en Espagne ?

En mai 2011, le taux de chômage en Espagne atteint 20,7% des actifs, soit plus de 4 millions de personnes. Pour les plus jeunes, la situation est dramatique. Près d’un sur deux ne trouve pas d’emploi et les privilégiés qui réussissent à maintenir leurs postes voient leurs salaires diminuer. De leur côté, les plus qualifiés partent tenter leur chance en Allemagne : l’Espagne devient ainsi l’un des leaders européens de la “fuite des cerveaux”. Mais la crise économique ne touche pas uniquement les salaires et l’emploi. Elle brise également le rêve immobilier des milliers d’Espagnols qui avaient fait confiance aux prix du marché pour acheter des maisons. Endettés et sans revenu, 171 110 ménages font face à des expulsions locatives entre juillet 2008 et décembre 2012 1 .

À la crise économique s’ajoute une méfiance croissante envers le système politique bipartite. Interrogés, les Espagnols ne savent pas si le problème vient des politiciens ou du fonctionnement de la démocratie lui-même. Pourtant, le constat est partagé : les scandales de corruption touchent l’ensemble des partis. La classe politique formée par le “PPSOE”, expression rassemblant la droite du Parti Populaire (PP) et la gauche du Parti Socialiste (PSOE), “ne nous représente plus” 2 . Tout au long du premier semestre de 2011, les manifestations organisées par les plateformes Une Vraie Démocratie Maintenant et Jeunesse Sans Avenir se succèdent. Elles réclament la fin du bipartisme et la mise en place d’une démocratie plus représentative. Ces manifestations culminent le 15 mai 2011, lorsque plus de 50 villes espagnoles sont secouées par une vague de mobilisation inédite : le mouvement des Indignés.

LE 15M, UN MOMENT POPULISTE CONTRE-HÉGÉMONIQUE

De Madrid à Barcelone en passant par Valence et Séville, les Indignés prennent les rues des principales villes et campent dans les places du pays. Ils s’organisent de manière horizontale, dans l’espace public et via les réseaux sociaux, en rejetant le caractère opaque et exclusif de la politique institutionnelle. Face au bipartisme, les citoyens révoltés réclament plus de transparence et de participation dans la prise de décision. Ils ne croient plus que la crise économique de 2008 soit de leur faute comme l’affirmait la campagne “ Cela, on le résout tous ensemble ” du Conseil Supérieur des Chambres de Commerce. En accordant des prêts bancaires sans contrôle et en dissimulant les risques de l’achat des actions, les banques apparaissent désormais comme les principales responsables de l’éclatement de la bulle immobilière. Les Indignés critiquent donc le chômage et la crise économique, mais aussi les privatisations de l’éducation et la santé, le manque de représentativité politique et les conditions d’emploi précaires.

Ce faisant, ces “anti-système” commencent à articuler leurs différentes revendications en un seul et unique mouvement de rejet des élites politiques et économiques du pays. Leur slogan “ nous ne sommes pas une marchandise dans les mains des politiciens et des banquiers ” cristallise une remise en cause globale du système : il ne s’agit plus de critiquer un scandale de corruption isolé mais de rendre compte d’un dysfonctionnement politique systémique menaçant la santé démocratique de l’Espagne. C’est pourquoi, par l’occupation de l’espace publique et l’organisation populaire, les Indignés tentent de démontrer qu’une autre démocratie, une vraie démocratie , est maintenant possible.

En ce sens, le 15M marque un point tournant en l’histoire récente de l’Espagne. Contestant le bipartisme forgé dès les premières années de la Transition, le mouvement des Indignés vide la démocratie de son sens et la resignifie. La démocratie devient le terrain d’un jeu politique d’ordre nouveau qui ne repose plus sur le clivage historique entre la droite et la gauche mais bien sur un antagonisme entre le peuple et les élites. Lors du 15M, le peuple se dresse comme l’ensemble de “la gente corriente” , les gens ordinaires, un sujet apartisan et transgénérationnel, regroupant des gens de tous âges et bords politiques. Ainsi, en opposant la richesse de certains à la précarité générale du reste, les Indignés tracent une frontière politique qui traduit ce que Chantal Mouffe appelle un “moment populiste” 3 .

Le populisme, tel que théorisé par le philosophe argentin Ernesto Laclau, repose sur la construction d’une frontière entre nous , un peuple prétendument majoritaire, et eux , une minorité politique, économique ou sociale jouissant de privilèges. Ce peuple n’est pourtant pas réduit à la classe ouvrière, précédemment revendiquée par la gauche et le marxisme comme le “sujet de l’histoire”. Les révoltés des places espagnoles débordent les cadres de l’idéologie communiste et parviennent à rassembler des revendications hétérogènes dans un même bloc constituant. En 2011, ils ont réussit à s’imposer comme un mouvement approuvé par l’écrasante majorité de la population 4 . L’hégémonie politique, jusqu’alors disputée par le PP et le PSOE, est devenue un horizon de possibilités pour les Indignés, qui n’ont pas hésité pas à s’organiser en associations, collectifs et partis divers.

En rendant obsolète et inopérant l’antagonisme entre la droite et la gauche, le 15M répond donc à une logique populiste contre-hégémonique qui réarticule les concepts clés de l’imaginaire politique espagnol dans un discours à portée populaire et progressiste.

« En opposant la richesse de certains à la précarité générale du reste, les Indignés tracent une frontière politique qui traduit ce que Chantal Mouffe appelle un « moment populiste ». »

LES DÉBUTS DE PODEMOS, DU REJET DU BIPARTISME À LA CONFIGURATION D’UN NOUVEL ANTAGONISME

En 2014, trois ans après l’occupation des places par les Indignés, l’Espagne traverse un moment de forte mobilisation dans les quartiers populaires et les universités. Le 15M a servi à éveiller les solidarités entre voisins et a promu la création d’assemblées s’organisant contre la touristification de masse et les expulsions locatives. Les associations, telles que la Plateforme des victimes du crédit hypothécaire, se multiplient. À l’Université Complutense de Madrid, un groupe d’intellectuels et de professeurs discutent de la possibilité d’une régénération democratique en Espagne. Dirigés par Juan Carlos Monedero et Pablo Iglesias, ces anciens Indignés sont convaincus de la nécessité de transformer la mobilisation des rues en un bouleversement institutionnel du bipartisme. Ils tentent, dès lors, de “Donner un pas en avant : convertir l’indignation en un changement politique”. Signé par plus de 300 personnes, ce slogan est le nom du manifeste qui donne naissance à Podemos le 11 mars 2014. Pablo Iglesias, professeur de Science politiques à la Complutense et présentateur du programme d’analyse politique La Tuerka, se positionne comme le chef de file du nouveau mouvement. Lors des élections européennes de 2014, il réussit à remporter de manière inattendue presque 8% des voix et arrive en quatrième position au niveau national.

Si la volonté d’une régénération démocratique favorise ces résultats, la clé de la montée en puissance de Podemos est plus subtile. De fait, le parti cherche activement à s’éloigner du bipartisme à travers sa couleur, le violet, ou son nom, Podemos, qui fait écho au “Yes We Can” de Barack Obama. Ces éléments se démarquent du Parti Socialiste et du Parti Populaire en ce qu’ils rejettent immédiatement toute étiquette politique. “Le problème de ce pays va au-delà de l’étiquette idéologique de la gauche et la droite”, “si nous sommes capables de construire un langage émouvant et mobilisateur, de travailler avec des personnes différentes et de convertir la majorité sociale existante en une majorité politique, alors [les autres forces politiques] auront de quoi se préoccuper”, déclare Iglesias 5 .

Or, en ne se disant “ni de droite, ni de gauche”, Podemos est loin d’être neutre ou équidistant. Les anciens Indignés se situent dans un nouvel espace politique qui n’est plus structuré autour du clivage droite-gauche mais autour de l’antagonisme entre “ceux d’en bas” et “ceux d’en haut”, le “peuple” et la “caste”. En effet, Podemos s’approprie du langage Indigné en identifiant “les élites politiques et économiques du pays” à une “caste” ayant confisqué la démocratie. Par ce biais, Iglesias remet en cause un système démocratique imaginé par les élites dans la période de la Transition espagnole 6 et dont la nature se révèle plus réformiste que rupturiste. Pour Podemos, la Constitution de 1978 promulguée après la mort de Franco instaure un consensus entre les élites qui écarte le “peuple” de la prise de décision politique. La “culture de la Transition”, qui constitue des objets non problématiques et se situe dans une position accommodante par rapport aux pouvoirs politiques et économiques 7 , est rejetée par la formation violette. C’est pourquoi, à 40 ans de la mort du dictateur espagnol, le mouvement des Indignés représente, pour Podemos, la fin d’un cycle “transitionnel” mettant fin au bipartisme (synonyme d’accaparation et d’élitisme) et ouvrant la voie à un processus constituant, à une période de régénération démocratique. Podemos, par la reprise d’un discours populiste rejetant la caste politique, s’érige alors comme l’héritière naturelle du 15M.

« Le mouvement des Indignés représente, pour Podemos, la fin d’un cycle « transitionnel » mettant fin au bipartisme et ouvrant la voie à un processus constituant. »

LE PODEMOS POPULISTE : REVENDICATION DE LA “PATRIE” ET DÉMOCRATISATION DE LA POLITIQUE

Sous la direction théorique d’Iñigo Errejón, politologue spécialiste de Laclau, Podemos déploie une stratégie populiste afin d’imiter la tentative des communards de “partir à l’assaut du ciel”. Outre sa couleur violette et son nom, la formation s’empare de signifiants vides facilement modulables et non assimilables à d’autres partis afin de construire une “nouvelle majorité sociale” 8 . Des notions telles que “patrie”, autrefois absentes du vocabulaire de la gauche, deviennent désormais courantes dans les interventions des dirigeants de Podemos : “pour nous, le sens de la patrie est fondamentalement de prendre soin de nos gens, de protéger ceux qui se sont le plus efforcés dans les années les plus dures”, affirme Errejón en 2016 9 . Là où la droite embrasse une patrie “de soleil et de plage”, une patrie du tourisme et de la brique, Podemos revendique une patrie des travailleurs, des retraités, des mères et des précaires. Le 12 octobre 2016, Jour de l’Hispanité, Pablo Iglesias déclare : “ma patrie c’est mon peuple” 10 .

La stratégie populiste de Podemos sous-tend alors une volonté de politiser les citoyens et de rapprocher la politique du peuple, de reconnecter les gens ordinaires avec des enjeux qui semblent réservés à l’élite politique de l’Espagne. La volonté de démocratiser la politique est d’abord attestée par l’esthétique des députés de Podemos. L’apparence détachée d’Iglesias, sa rhétorique militante et sa longue queue, qui lui vaut le surnom de “ El Coletas ”, marquent bien une rupture avec l’ethos des candidats socialistes et conservateurs. Les violets proclament vouloir “faire rentrer les gens ordinaires dans les institutions” 11 . Cette nouvelle approche de la politique institutionnelle, plus populaire et dépouillée des codes propres au bipartisme, se traduit par la victoire des mairies du changement lors des élections municipales de 2015.

De Madrid à Barcelone, en passant par Valence, Cadix ou Saint Jacques de Compostelle, les candidats des “confluences” violettes attirent l’attention de par leur parcours, leur manière d’être et leur façon de s’habiller. Si à Valence Joan Ribó refuse sa voiture de fonction et se déplace à vélo, à Barcelone Ada Colau est connue dans les cercles militants pour sa participation dans la Plateforme des victimes du crédit hypothécaire, une référence nationale dans la lutte pour le droit au logement. Grâce aux forums locaux ou aux consultations citoyennes, Podemos et ses alliés cherchent à prolonger la dynamique assembléiste du 15M et s’engager dans un véritable “pari municipaliste” 12 . Le portail “Décide Madrid”, qui permet aux citoyens de choisir comment dépenser les budgets de la mairie, reflète la volonté d’accroître l’engagement politique du “peuple”. Finie la démocratie réservée à ceux qui portent des costumes, finis les “portes tournantes” qui permettent la reproduction des élites, finis les scandales de corruption et le financement illimité de macro-projets de construction immobilière : les mairies “violettes” s’efforcent de transformer une culture administrative municipale forgée lors de la Transition en une expérience de démocratie plus participative.

Or, peu après sa formation, Podemos abandonne la stratégie populiste et assume pleinement son virage institutionnel en un parti de gauche. En effet, l’entrée de Podemos dans les institutions suppose un changement de son discours et une recomposition de l’antagonisme qu’il avait autrefois défendu. Étant au sein des institutions, la formation violette fait désormais partie de la “caste politique” et doit se positionner progressivement dans le spectre politique traditionnel de la gauche. Podemos cesse de considérer les institutions comme un problème, les accusant d’être non représentatives ou corrompues, et affirme que le problème appartient aux politiciens eux-mêmes 13 . Iglesias légitime ainsi sa présence dans les institutions et, après avoir rejeté la “culture de la Transition”, il commence à la revendiquer et à mettre en valeur la Constitution. Il ne s’agit plus de renverser le système, mais de faire avec, de se situer dans celui-ci et de construire à partir des institutions. En 2019, Iglesias proclame que “la Constitution doit cesser d’être une arme pouvant être instrumentalisée en politique. Exiger que ses articles sociaux soient respectés constitue la première garantie pour protéger et amplifier les droits de notre peuple” 14 .

« La stratégie populiste de Podemos sous-tend une volonté de politiser les citoyens et de rapprocher la politique du peuple, de reconnecter les gens ordinaires avec des enjeux qui semblent réservés à l’élite politique de l’Espagne. »

PODEMOS A-T-IL TRAHI SES PROMESSES ?

Pourtant, dans l’imaginaire collectif, Podemos a trahi ses promesses quand il est rentré dans le Parlement en ce qu’il a délaissé sa dynamique horizontale et assembliste. Lors des élections législatives de 2016, Podemos réalise une enquête interne pour identifier les causes qui ont mené à la perte d’un million de voix. Il en ressort que les militants renient le “discours social-démocrate” des dirigeants, rejettent le rapprochement au PSOE et demandent une “rhétorique plus puissante” 15 .  En 2017, le journal Le Monde interroge des anciens manifestants du 15M sur l’évolution de Podemos. L’ensemble des interviewés, du “cinéaste des Indignés” Stéphane Grueso à une membre d’ Une Vraie Démocratie Maintenant, déclarent que “Podemos ne nous représente plus” ou encore que “sa structure n’est pas démocratisée”, “tout parti ayant une structure verticale (…) ne peut pas être considéré comme le 15M” 16 . L’article, publié en pleine dispute pour la direction de Podemos entre Errejón et Iglesias, traduit le mécontentement d’une partie des militants et des classes populaires qui voient dans l’institutionnalisation de Podemos la fin de l’esprit de régénération démocratique du 15M. En 2018, les photos de la nouvelle résidence d’Iglesias, située dans l’un des quartiers les plus riches de Madrid, font le tour de l’Espagne. La médiatisation et l’indignation que suscite l’affaire obligent au leader de la formation violette à se soumettre à un référendum au sein de son parti. Cet épisode entrave définitivement la confiance des militants en Iglesias.

Toutefois, depuis la formation du gouvernement de coalition avec le PSOE en 2019, les héritiers des Indignés ont tenté de mettre en place des mesures économiques bénéficiant aux classes moyennes et populaires. L’approbation des ERTE (un dispositif d’urgence à travers lequel l’État prend en charge le salaire des employés) et du Revenu Minimum Vital figurent ainsi parmi les politiques plus populaires prises par le gouvernement. Le contexte de pandémie et les tensions entre les membres de la coalition ont pu rendre difficile le début de la législature. Or, l’action gouvernementale de Podemos est loin de la réforme structurelle souhaitée par les Indignés. Son programme est davantage réformiste que révolutionnaire et son discours, qui exigeait le renversement du système, se situe aujourd’hui dans un cadre institutionnel classique. Podemos affirme vouloir “changer la donne” à travers les institutions.

Ainsi, ce parti, né trois ans après le 15M, ne peut donc être réduit au mouvement des Indignés. Podemos hérite des Indignés un discours populiste principalement déployé lors des élections européennes de 2014 et des municipales de 2015 : le parti profite manifestement d’un moment de mobilisation inédit, avec une redéfinition des frontières politiques et un discrédit du bipartisme, pour adopter une stratégie inspirée des théories laclausiennes et gagner l’électorat déçu du bipartisme. Or, Podemos abandonne très vite le populisme afin d’affirmer son rôle dans le terrain de la gauche espagnole. Avec les divisions stratégiques entre Iglesias et Errejón, et la création de Más Madrid par ce dernier, le populisme semble aujourd’hui définitivement abandonné par la formation violette. Malgré cela, d’autres partis récemment créés se disent aussi les héritiers des Indignés.

« le parti profite manifestement d’un moment de mobilisation inédit pour adopter une stratégie inspirée des théories laclausiennes et gagner l’électorat déçu du bipartisme. »

LA RÉAPPROPRIATION DES INDIGNADOS PAR VOX, LA NAISSANCE D’UN POPULISME DE DROITE ?

Si le moment populiste du 15M semble directement lié à Podemos, la gauche n’est pas la seule à s’être servi des théories de Laclau en Espagne. Tandis que Vox revendiquait en pleine pandémie l’héritage des Indignés, cette année la conservatrice Isabel Díaz Ayuso a adopté un discours populiste afin de remporter les élections régionales à Madrid.

Le 20 mai 2020, lors du neuvième anniversaire du 15M, Vox a lancé une vidéo sur Youtube intitulée “15M, Nous sommes encore indignés”. La vidéo recueille le témoignage de 3 personnes ayant participé au mouvement des Indignés en 2011. Ils avouent avoir été séduits par Pablo Iglesias lors de la création de Podemos, puis avoir été profondément déçus par ses idées. L’un d’entre eux affirme ainsi que le seul parti “qui se préoccupe des gens, c’est Vox”.

Or, si Vox est né en 2013 dans un contexte de crise du bipartisme, le parti dirigé par Santiago Abascal n’a pas obtenu de reconnaissance jusqu’en octobre 2017, lors du référendum organisé par l’exécutif catalan pour décider sur l’indépendance de la région. En effet, après la proclamation de la République catalane le 27 octobre 2017, Vox s’est présenté en tant qu’ “accusation populaire” et a acquis une dimension nationale en Espagne. C’est aux élections générales du 28 avril 2019 que Vox est entré pour la première fois au Congrès des députés avec 10,26% des voix.

Dans sa campagne électorale, Vox fait appel à un électorat vaste composé de ces citoyens qui ne sont pas des “squatteurs”, des “ manteros ” (des commerçants ambulants, généralement associés à l’immigration)  ou des “féministes radicales” 17 .  Le parti d’extrême droite ne se limite pas aux électeurs conservateurs mais cible également les classes populaires et les électeurs de gauche. Abascal s’adresse à l’Espagne ouvrière, à l’Espagne vivant des petites et moyennes entreprises. Son slogan, qui apparaît dans la vidéo sur le 15M, est ainsi dirigé à “l’Espagne qui se lève tôt” . Pour Vox, l’Espagne est également partagée entre le peuple, associé aux gens qui se lèvent tôt pour aller travailler, et une élite, représentée par des politiciens et des riches paresseux.

Or, le programme économique de Vox pour les élections législatives de 2019 témoigne d’une volonté de favoriser les classes les plus aisées en leur offrant des avantages fiscaux, notamment à travers une modification de de l’IRPF, l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques. Toutefois, ses mesures économiques, qui ne se distinguent pas particulièrement de celles proposées par le Parti Populaire, sont quant à elles reléguées dans un second plan face à une stratégie politique axée sur le domaine culturel et éducatif. En s’opposant au mouvement féministe et à l’indépendantisme catalan, Vox s’érige contre “l’hégémonie culturelle” de la gauche et s’adresse aux partisans de la chasse, de la famille “traditionnelle” et de l’anti-avortement.

Le “moment populiste” des Indignados, qui s’était définitivement éteint avec l’abandon de la stratégie populiste par Podemos en 2016, semble renaître de la main de l’extrême droite en Espagne. Les résultats des élections régionales de mai 2021 à Madrid, avec la démission d’Iglesias et le triomphe d’une candidate conservatrice clamant le slogan “communisme ou liberté”, semblent également marquer la fin cycle, et le commencement d’un nouveau.

Est-ce Vox, à travers son lème l’Esspagne qui se lève tôt , le post-héritier du 15M ? Ou est-ce Ayuso, tête du Parti Populaire à Madrid, la responsable d’un nouveau populisme de droite ? Ce qui est clair, c’est que les prochains mois seront décisifs pour la recomposition des droites en Espagne.

1. Noëlle Ballo, L. (6 avril 2013). Espagne : protéger les victimes des expulsions. Le journal international. https://www.lejournalinternational.fr/Espagne-proteger-les-victimes-des-expulsions_a641.html

2. Il s’agit du slogan du mouvement des Indignés.

3. Mouffe, C. (10 juin 2016). Le moment populiste. El País . https://elpais.com/elpais/2016/06/06/opinion/1465228236_594864.html

4. Errejón, I. (2015). We the People El 15-M: ¿Un populismo indignado? , An International E-Journal for Critical Geographies,14 (1), 124-156.

5. Medina, F. (21 octobre 2014). ‘Ni de derechas, ni de izquierdas’: una proclama de Pablo Iglesias que trae incómodos. El plural . https://www.elplural.com/politica/espana/ni-de-derechas-ni-de-izquierdas-una-proclama-de-pablo-iglesias-que-trae-incomodos-ecos_37750102

6. Franzé, J. (2016). “Podemos: ¿regeneración democrática o impugnación del orden? Transición, frontera política y democracia”, Cahiers de civilisation espagnole contemporaine . URL : http://journals.openedition.org/ccec/5988

7. Romero Peña, Aleix. (2015). Historia de un Movimiento: El 15-M como expresión del malestar social Nómadas, vol. 46, núm. 2. https://www.redalyc.org/pdf/181/18153279004.pdf

8. Manetto, F. (15 septembre 2014). Podemos sienta sus bases para “construir una nueva mayoría social”, El País. https://elpais.com/politica/2014/09/15/actualidad/1410767860_412956.html

9. Gascon, D. ( 24 juin 2016). Construir la patria, El País . https://elpais.com/elpais/2016/06/22/opinion/1466611903_959073.html

10. Pablo Iglesias diffuse la vidéo “Ma patrie c’est le peuple”. https://www.youtube.com/watch?v=SfPdzQOQU1A

11. Comme l’ecrit le propre Iglesias dans un tweet : https://twitter.com/PabloIglesias/status/664538495898095616

12. Nom d’un ouvrage publié par l’Observatorio Metropolitano (Éditions Traficantes de Sueños, 2014). https://traficantes.net/libros/la-apuesta-municipalista

13. Franzé (2016), op. cit.

14. Comme déclare Iglesias https://twitter.com/pabloiglesias/status/1202919513966235648?lang=es


15. Muñoz, M. (10 juillet 2016). Las bases de Podemos piden más 15M y un discurso menos socialdemócrata, Cuarto Poder https://www.cuartopoder.es/espana/2016/07/10/las-bases-de-podemos-piden-mas-15m-y-un-discurso-menos-socialdemocrata

16. Terrassa, R. (14 février 2017). El desencanto de los Indignados : por qué Podemos “ya no nos representa”. El Mundo https://www.elmundo.es/espana/2017/02/10/589c6d9922601dfe358b4657.html

17. Ortega, L. (10 avril 2019). Estas son las piezas audiovisuales de campaña electoral que han presentado los partidos políticos. Gràffica . https://graffica.info/piezas-audiovisuales-campana-electoral-28a/

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    Mélenchon s'en prend à EELV, des "menteurs, hypocrites, faux-jetons"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 9 May - 12:14 · 3 minutes

Mélenchon lance une violente charge contre les écolos

POLITIQUE - Le pacte de non-agression, guère solide dès le départ, n’aura pas tenu bien longtemps. Invité de BFMTV ce dimanche 9 mai, Jean-Luc Mélenchon s’en est pris vertement aux Écolos et leur logique d’alliances à géométrie variable aux prochaines élections .

Le député des Bouches-du-Rhône, candidat de la France insoumise à la présidentielle 2022 a pris l’exemple de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour en tirer une sorte d’enseignement national plutôt rude: “Ce sont des menteurs, hypocrites, faux-jetons.”

Concrètement, Jean-Luc Mélenchon n’apprécie pas d’avoir vu la candidate insoumise dans la région être exclue, par EELV dit-il, de la liste regroupant plusieurs formations de gauche. Vendredi, Jean-Laurent Félizia, un inconnu du grand public, désigné chef de file des Verts en Paca et du pôle écologiste, annonçait effectivement son union avec le PS, le PCF et le mouvement de Benoît Hamon, Génération’s, mais sans la France insoumise et d’autres formations politiques ou citoyennes.

“Je n’ai jamais vécu ça”

“C’est irresponsable, ridicule. Nous sommes dans la main d’une poignée de gens qui s’arrangent entre eux, se répartissent les places et les postes et ne veulent rien changer à leurs mauvaises habitudes”, a ainsi tempêté, comme vous pouvez le voir ci-dessous , en ajoutant, sur le même ton: “Le minimum de la courtoisie n’est pas respecté, on ne consulte personne, ça se discute entre quelques-uns, ils excluent des gens.”

“Je n’ai jamais vécu ça, et j’en ai vu. La dirigeante nationale des Verts arrive dans une conférence zoom à Marseille et dit ‘on ne veut pas des Insoumis et tous les autres disent ‘oui chef’. Le lendemain ils se battent entre eux, tout cela est irresponsable puisqu’on dit que la menace de l’extrême droite est très grande en Paca”, a-t-il encore martelé.

Relancé sur la vraie-fausse alliance entre La République en marche et Les Républicains dans la région, Jean-Luc Mélenchon a préféré enfoncer le clou en rajoutant une couche sur les Écolos, expliquant avoir “tiré une leçon nationale” de la mésaventure des Insoumis dans le sud.

“On m’a joué toute sorte de musique sous mon balcon pour l’unité, blabla bla, ça serait mon égo le problème (...) et bien les gens à qui nous avons tendu la main, pour qui nous avons fait l’effort de dire ‘ok vous avez toutes les têtes de liste parce que vous ne supportez personne d’autre que vous’, c’est le cas d’EELV, (...) eux, la conclusion c’est d’éliminer les Insoumis des départementales et des régionales”, a-t-il regretté, avant d’ajouter: “vous croyez que je suis homme à qui on fait ce genre de traitement et qui ensuite va dans son coin?”

“Non, j’en ai tiré la leçon, ce sont des menteurs, des hypocrites et des faux-jetons, par conséquent, nous n’avons aucune raison de tenir compte de ce qu’ils nous disent et nous devons au contraire marcher nous-même avec nos idées, nos propositions”, lançait encore Jean-Luc Mélenchon dans sa diatribe, quelques secondes avant d’expliquer qu’il ne croyait pas au rassemblement de la gauche derrière sa candidature en vue de 2022. Il n’est sans doute pas le seul.

À voir également sur Le HuffPost: Dans les Pays de la Loire, Orphelin reçoit “l’effet Jadot” pour les régionales

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    Avant la marche climat, militants et politiques écolos ragaillardis par l'imbroglio sur le référendum

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 9 May - 10:33 · 5 minutes

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POLITIQUE - Ce n’était sans doute pas le meilleur jour pour faire fuiter une information, ou une hypothèse, comme celle-ci. Selon Le Journal du Dimanche , qui en fait sa Une, Emmanuel Macron aurait renoncé à organiser un référendum sur la protection du climat pour l’inscrire dans la Constitution.

Les conditions “ne sont pas réunies” estime le député LREM Pieyre-Alexandre Anglade dans les colonnes de l’hebdomadaire ce dimanche 9 mai, tandis que Le JDD cite plusieurs propos anonymes rattachés à des proches du président de la République allant également dans ce sens, tout en rejetant la faute sur le Sénat.

Depuis, l’Élysée dément et explique à l’AFP que cette éventualité “n’est en rien enterrée.” “La cause écologique demeure l’une des priorités du président de la République”, martèle d’ailleurs, au passage, le palais présidentiel... mais trop tard. Les défenseurs du climat, qui organisent des marches partout en France ce dimanche ont déjà saisi la balle au bond pour dénoncer ce qu’ils voient comme le nouveau renoncement du chef de l’État.

Du carburant pour la marche climat

Sur Twitter ou dans les médias, nombreux ont réagi. Regrettant “un nouvel engagement sur l’écologie renié par Emmanuel Macron et LREM, et sans doute l’un des plus importants”, le député écologiste Matthieu Orphelin juge, dans un communiqué, que “le gouvernement manoeuvre pour que le processus n’aille pas au bout.” Pour l’Insoumise Clémentine Autain, “la Start’up Nation enterre le climat et la démocratie d’un même mouvement”, quand, la sénatrice socialiste Marie-Pierre de la Gontrie accuse Emmanuel Macron de “duplicité”.

Côtés militants ou ONG, Clément Sénéchal, le porte-parole de Greenpeace en France, a lui aussi relayé la Une du Journal du Dimanche sur Twitter en estimant que la politique climatique du président de la République “n’est que mensonge et manœuvres politiciennes.”

Mêmes critiques, ou presque, pour le réalisateur écolo Cyril Dion, le promoteur et “garant” de la Convention citoyenne pour le climat. “Après avoir trahi sa parole de reprendre sans filtre les mesures de la CCC, Emmanuel Macron trahit sa parole d’organiser un référendum sur la Constitution”, fustige le militant, en rappelant que les défenseurs du climat se mobilisent ce dimanche à Paris et dans plus de 150 villes en France. Leur nouveau mot d’ordre semble ainsi tout trouvé.

Deux jours auparavant, les partis de gauche de LFI au PS en passant par EELV avaient déjà signé ensemble une tribune dans Libération pour appeler à participer à ces marches.

Comme les différentes ONG spécialistes de la défense de l’environnement, ils brocardent notamment la loi Climat adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale, insuffisante à leurs yeux et en décalage complet avec la promesse faite par le président de la République aux citoyens de la Convention climat de reprendre “sans filtre” leurs propositions.

Un nouveau renoncement présidentiel?

Force est de constater que l’annulation du référendum pour modifier la Constitution serait une nouvelle difficulté pour le chef de l’État, qui s’était engagé sous les applaudissements des “150 citoyens” en décembre dernier. “Ce sera une réforme constitutionnelle en un article” qui “doit d’abord passer par l’Assemblée nationale puis le Sénat et être votée en des termes identiques. Ce jour-là, elle sera soumise à référendum”, avait-il précisé aux membres de la CCC en reprenant une de leurs idées .

Mais cinq mois plus tard, la macronie semble désormais tentée à l’idée de rejeter la faute sur la Haute assemblée. Le Sénat, contrôlé par la droite et qui doit examiner lundi 10 mai le texte déjà voté par l’Assemblée nationale, “a fait le choix de vider de sa substance la proposition de la convention citoyenne pour le climat, et donc d’empêcher l’accord”, accuse ainsi Pieyre-Alexandre Anglade, le porte-parole du groupe LREM à l’Assemblée, dans Le JDD .

Dans le détail, le projet de loi inspiré par la CCC grave à l’article 1er de la Loi fondamentale que la France “garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et lutte contre le dérèglement climatique”. Or la majorité du Sénat rejette le terme “garantit”, qui donnerait selon elle à la préservation de l’environnement une forme de priorité sur les autres principes constitutionnels.

De mauvais arguments pour Bruno Retailleau. “Avant même que le Sénat n’ait voté quoi que ce soit et que la discussion avec l’Assemblée nationale ne s’engage, Emmanuel Macron nous accuse de blocage pour justifier l’annulation d’un référendum dont il ne voulait pas”, fustige le patron des sénateurs LR, avant de siffler: “La manœuvre et l’hypocrisie sera la marque de cette dernière année de mandat.” Un imbroglio dominical qui aura donc réussi à fâcher les écolos et la droite sénatoriale.

A voir également sur le HuffPost: Sans filtre? Macron explique l’expression qui met les citoyens de la Convention en colère

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    Le Sénat dynamite l’idée du gouvernement sur les machines à voter

    news.movim.eu / Numerama · Friday, 19 February, 2021 - 13:39

Le Sénat a très largement rejeté l'idée du gouvernement sur les machines à voter et le vote par anticipation. Mais la proposition pourrait revenir à l'Assemblée nationale. [Lire la suite]

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