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    chapitre 14 Créons le mouvement ! extrait 122

    Angélique Andthehord · Monday, 30 August - 07:49 · 1 minute

Pendant ce temps-là, tous les jours, Éric venait me chercher, m'emmenait dans la clairière et regardait… Je trouvais un peu étrange la ferveur qui remplissait ses yeux à chaque fois que je baissais ma culotte devant lui, alors qu'il avait déjà vu la même chose la veille, l'avant-veille et tous les jours précédents. Il ne se lassait pas. Au contraire, on aurait dit qu'il découvrait chaque jour quelque chose de nouveau, de plus beau que tout ce qu'il avait vu auparavant. C'était tellement contraire à ce à quoi ma mère m'avait habituée !

À la maison, quand ma mère m'ordonnait de baisser ma culotte, c'était toujours pour me donner une fessée. À chaque fois, elle faisait les gros yeux pour m'obliger à obéir. Terrorisée, j'obéissais en sachant la torture qui m'attendait. Alors, me voyant baisser ma culotte, elle ouvrait de grands yeux bizarres, comme si je dévoilais devant elle quelque chose d'infâme que je portais en moi et, là, elle se mettait à me taper, taper et taper encore, jusqu'à ce que je perde conscience. À la longue, j'en étais arrivée à souhaiter être amputée du papafe pour ne plus être suppliciée de la sorte.


extrait de : ...


#solitude #bloquage #fessée #culotte #papafe #punition #angoisse #inquiétude #peur #injustice #justice

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    chapitre 14 Créons le mouvement ! extrait 121

    Angélique Andthehord · Saturday, 28 August - 12:50

Les enfants se turent et me regardèrent dans un silence respectueux, en guise de condoléances, jusqu'à ce qu'une joyeuse voix de fillette retentît :

« Eh ben moi, j'ai huit grands-parents parce que mon père et ma mère sont divorcés et remariés tous les deux. Alors, ça me fait quatre papys et quatre mamies et ys sont tous très gentils avec moi.

- Eh ben moi, intervint un garçon, … »

Ainsi, les enfants avaient banalisé ma réplique, faisant de moi l'une des leurs, qui prend son tour de parole comme tout le monde. Je crus donc que ça y était, que le problème était résolu mais pas du tout. Après avoir dit cela, je retombai dans mon mutisme et ne parvint jamais à leur dire quoique ce soit d'autre.

Par contre, le lendemain, au cours d'un repas, je fus appelée à prendre la parole pour rendre mon verdict concernant une sombre histoire de mouche assassinée.


extrait de : L'AIRE DE JEUX


#enfants #solitude #timidité #bloquage #discussion #angoisse #peur #vacances #colonie

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    chapitre 14 Créons le mouvement ! extrait 119

    Angélique Andthehord · Friday, 27 August - 07:28 edit

Puis, soudain, le problème s'inversa du tout au tout. Les enfants, à côté de moi, s'étaient mis à parler de leurs grands-parents. Là encore, une réplique me vint à l'esprit, que ma timidité s'empressa d'étouffer. Cependant, les mots montaient en moi avec une puissance si grande qu'il m'apparut que je n'allais pas réussir à me taire. Je fus prise d'une grande angoisse mais cela ne suffit pas à réfréner la soudaine force qui montait de mes entrailles, comme la lave d'un volcan, et jaillit hors de ma bouche :

« Eh ben moi, mon Pépère, il est mort quand j'avais cinq ans. »


extrait de : L'AIRE DE JEUX


#inquiétude #bêtise #solitude #peur #enfants #discussion #timidité

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    chapitre 14 Créons le mouvement ! extrait 119

    Angélique Andthehord · Thursday, 26 August - 08:25

Chaque après-midi, sans se faire prier, ils vinrent se grouper à proximité de moi. C'étaient des garçons et des filles de sept ans.

Chaque après-midi, donc, j'entendais leurs conversations. Pour ce qui est de m'y intégrer, comme avait dit la monitrice, ce n'étaient pas les répliques qui me manquaient mais jamais je n'en exprimais aucune. Rien à faire, toutes restaient coincées dans ma gorge. Plus j'essayais de parler, plus j'étais terrassée par la timidité. Des fois, je me raccrochais à une phrase qui était dans ma tête. Elle était bien construite, tous les mots étaient dans l'ordre, je n'avais plus qu'à en prononcer les sons les uns après les autres. Je me concentrais, me concentrais encore… Je tendais l'oreille et m'apercevais que les enfants, à côté de moi, avaient complètement changé de sujet de conversation. Alors, je rangeais ma réplique et recommençais l'exercice avec une nouvelle, sans jamais réussir à parler.


extrait de : L'AIRE DE JEUX


#solitude #peur #enfants #gentillesse #discussion #timidité #bloquage

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    chapitre 14 Créons le mouvement ! extrait 118

    Angélique Andthehord · Wednesday, 25 August - 07:57 · 1 minute

Ma monitrice, qui était gentille, vint me consoler et me prêter une oreille attentive. Selon elle, ce qui m'arrivait n'était pas grave du tout puisque on était en colonie de vacances et qu'en colonies de vacances, on est tous là pour s'amuser alors rien n'est grave. Selon ma monitrice, j'avais juste besoin d'un petit coup de pouce. Elle avait un plan.

Les enfants qui, au début de la colonie, jouaient à marcher dans mon tube comme dans un tunnel étaient partis jouer avec un autre tube quand ma monitrice leur avait dit qu'il fallait me laisser m'asseoir à celui-là. Vous vous rappelez ? Je l'ai déjà raconté. Eh bien, il était arrivé un moment où ces enfants, lassés de ce jeu, s'étaient assis par terre et s'étaient mis à discuter entre eux. Depuis lors, c'est ce qu'ils faisaient chaque jour.

Ma monitrice alla les trouver, leur expliqua mes tracas et leur demanda s'ils voulaient bien m'aider. Ils acceptèrent. L'idée était simple : il suffisait qu'ils continuassent à discuter entre eux, exactement comme ils faisaient, assis par terre, mais près de moi. Ainsi, j'entendrais leurs conversations et m'y intégrerais spontanément lorsque je m'y sentirais prête.


extrait de : L'AIRE DE JEUX


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    chapitre 14 Créons le mouvement ! extrait 117

    Angélique Andthehord · Tuesday, 24 August - 07:14 · 1 minute

Après tout, si je me retrouvais seule quand Éric me laissait à l'aire de jeux, c'était parce que je n'y avais pas de copines. L'aire de jeux, c'était comme une cour de récréation : tous les enfants jouaient avec leurs copains et leurs copines tandis que, moi, j'étais tout le temps toute seule dans mon coin. Ça avait toujours été comme ça depuis la maternelle et ça me le faisait encore en colonie. Alors, il fallait bien que je me rendisse à l'évidence : c'était en moi qu'il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond et, ce problème-là, c'était sur l'aire de jeux que je devais chercher à le régler, indépendamment d'Éric.

Bravement, j'avançai au cœur de l'aire de jeux, dans l'espoir de me mêler aux autres enfants, et regardai tout autour de moi. Le toboggan était toujours bondé alors que, moi, je ne supportais pas la bousculade. Des enfants couraient alors que, moi, je n'étais pas d'une nature sportive. Des enfants parlaient entre eux alors que, moi, on me chassait de partout. Des enfants riaient entre eux alors que, moi, on se moquait tout le temps de moi. Plus je regardais autour de moi, plus je me sentais anormale, honteuse, angoissée, apeurée. Ma tête se mit à tourner, on aurait dit que j'allais tomber par terre. Alors, vite, je retournai me réfugier auprès de mon tube, m'assis par terre et pleurai.

J'aurais pas dû essayer ! J'aurais pas dû venir en colonies ! J'aurais pas dû croire que j'arriverais à m'amuser comme les autres !


extrait de : L'AIRE DE JEUX


#inquiétude #bêtise #solitude #peur #vacances #colonie #enfants #timidité #bloquage

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    chapitre 14 Créons le mouvement ! extrait 116

    Angélique Andthehord · Monday, 23 August - 07:23 · 1 minute

*« Bon, ben… j'retourne au portique.

- Oui, vas-y ! »

Jusque-là, c'est quelque chose que j'avais toujours mal pris : à chaque fois, Éric m'emmenait dans la clairière pour voir…, ensuite, il me ramenait à l'aire de jeux et me laissait là toute seule tandis que lui retournait au portique auprès de ses copains. Moi, je m'étais toujours dit qu'en principe, un vrai amoureux aurait dû me prendre par la main, m'emmener au portique, me faire asseoir sur une balançoire et me pousser. Seulement, à bien y regarder, si Éric m'avait invitée au portique, je me serais retrouvée la seule fille au milieu de garçons dont certains avaient peut-être plus ou moins des bêtises dans la tête. Alors, tout compte fait, je préférais ne pas y être. En plus, d'autres enfants de la colonie auraient pu dire et croire que j'avais une place privilégiée au portique en échange de montrer… à Éric, à commencer par les méchantes de mon dortoir. Même pour Éric et pour moi-même, d'ailleurs, ça n'aurait peut-être pas été très clair.

Comme quoi, l'idée du gentil amoureux qui m'aurait emmenée au portique, c'était encore un piège tendu par le diable. Au départ, ça m'avait paru être une bonne idée, tout comme le moniteur Olivier avait cru que c'était une bonne idée d'interdire les cabinets extérieurs. Comme quoi, moi non plus, je ne voyais pas plus loin que le bout de mon nez.


extrait de : L'AIRE DE JEUX


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