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      Une marche blanche en hommage à Estelle Luce, DRH tuée dans le Haut-Rhin

      AFP · news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 6 February, 2021 - 14:40 · 2 minutes

    FAITS DIVERS - Plusieurs centaines de personnes ont participé samedi 6 février à Orschwihr, village alsacien du Haut-Rhin , à une marche blanche en hommage à Estelle Luce qui aurait été la première victime du “tueur de DRH”, suspecté d’avoir également tué une employée de Pôle Emploi à Valence et une autre DRH dans la Drôme.

    À l’issue des obsèques de cette femme de 39 ans, mère de deux enfants, environ 500 personnes, selon les gendarmes , ont pris la direction, une rose blanche à la main, de la chapelle du Bollenberg, au milieu des vignes, sur les hauteurs du village, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.

    En tête du cortège, la famille de la victime tenait une banderole sur laquelle figurait une grande photo de la DRH souriante, entourée de colombes.

    Après avoir cheminé une demi-heure au son de cornemuses, les marcheurs, visiblement émus pour beaucoup, ont déposé en silence leurs roses devant cette petite chapelle aux murs blancs. À l’intérieur, un autel, orné de bougies, a été dressé en mémoire d’Estelle Luce.

    “La douleur ne s’effacera jamais”

    Cette chapelle “est un endroit qu’Estelle aimait beaucoup”, a expliqué à l’AFP la maire d’Orschwihr Marie-Josée Staender. À l’issue de la marche blanche, la famille d’Estelle Luce a procédé à un lâcher de colombes puis de ballons blancs et dorés sous les applaudissements des participants. Dans cette commune d’un millier d’habitants où Estelle Luce résidait depuis quelques années avec son compagnon, “la population est sous le choc, c’est quelque chose de brutal, quelque chose de violent qui n’est jamais arrivé dans ce village”, a confié la maire.

    Après un moment de recueillement, son compagnon Alain a pris la parole pour remercier du soutien reçu. “La douleur ne s’effacera jamais, mais tout ce que vous faites pour nous est un peu de réconfort”, a-t-il déclaré entouré des filles et des proches de la victime.

    Estelle Luce a été retrouvée tuée par balles dans sa voiture sur le parking de son entreprise à Wolfgantzen (Haut-Rhin), près de Colmar, le 26 janvier en fin d’après-midi. Le même jour, un autre DRH, avec qui Estelle Luce avait travaillé en 2008 dans une entreprise d’Eure-et-Loir, s’est fait tirer dessus, également dans le Haut-Rhin. Cette tentative d’assassinat a été commise par un homme qui s’est révélé être Gabriel Fortin, le tueur présumé de Valence et de la Drôme, licencié de cette même entreprise, à l’époque où les deux DRH y travaillaient, a indiqué lundi la procureure de la République de Mulhouse Edwige Roux-Morizot.

    Arrêté au volant de sa voiture, l’homme a été mis en examen pour “assassinats” pour les victimes de Valence et de la Drôme.

    À voir également sur Le HuffPost: Pour ces conseillers Pôle emploi, le meurtre de leur collègue n’arrive pas par hasard

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      Pour ces conseillers Pôle emploi, le meurtre de leur collègue n'arrive pas par hasard

      Hortense de Montalivet · news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 4 February, 2021 - 18:08 · 3 minutes

    MANIFESTATION - Un service public à destination des humains les plus fragiles économiquement transformé en machine à broyer. C’est peu ou prou ce que ces employés de Pôle Emploi ont dénoncé au micro du HuffPost , jeudi 4 février, lors d’une manifestation interprofessionnelle qui s’est déroulée à Paris de la place de la République à la place de la Nation.

    Comme vous pouvez le voir dans notre reportage ci-dessus , derrière une banderole “Hommage à toi Patricia, on ne t’oublie pas”, ces fonctionnaires ont regretté un système où l’humain est oublié au profit de l’argent, quelques jours après le meurtre d’une de leurs collègues , à Valence, le 28 janvier dernier.

    “Les gens se retrouvent face à des répondeurs, des serveurs téléphoniques...Ils ne comprennent plus rien”, déplore Luis, un conseiller Pôle Emploi pour qui l’agressivité grandissante des visiteurs en précarité économique envers les agences est compréhensible. “Avec la crise, ça ne va pas s’améliorer, il y a ceux qui vont perdre leur travail avec la fermeture prochaine des entreprises. On est beaucoup à penser que la situation va s’aggraver”, prévient Dalila, travailleuse elle aussi pour l’établissement public.

    Danièle, à côté de ses collègues s’inquiète également et a dû mal à comprendre les choix de son entreprise. La veille de cette marche, Pôle Emploi a annoncé le renforcement des équipes de sécurité de ses agences. “On supprime des effectifs, mais on rajoute des agents de sécurité...Vous voyez où le problème?” interroge-t-elle rhétoriquement.

    Aujourd’hui, rien dans l’avancement de l’enquête sur le double meurtre d’une DRH et d’une employée de Pôle Emploi dans la Drôme et en Ardèche n’indique que les motivations du suspect, Gabriel Fortin, était lié à l’organisation des agences, ce dernier étant toujours muet face au juge d’instruction.

    Le déconfinement des colères

    Cette manifestation organisée par la CGT , la FSU, Solidaires et des organisations de jeunesse avait pour mot d’ordre: la défense de l’emploi et des services publics, alors que “pas une journée ne se passe sans une nouvelle annonce de plan de suppressions d’emplois, de fermetures d’entreprises ou restructurations et réductions de services”, ont souligné les organisateurs dans un communiqué.

    La CGT et ses partenaires demandent notamment une politique de “relocalisation industrielle”, le partage du temps de travail, le “développement des services publics”, l’interdiction des licenciements dans les entreprises bénéficiant d’aides publiques “surtout lorsqu’elles continuent à dégager des profits”, a détaillé auprès de l’AFP Céline Verzeletti, dirigeante confédérale de la CGT.

    Le mois de janvier a été ponctué de plusieurs mobilisations sectorielles, avec un certain succès selon les syndicats: professionnels de santé le 21, de l’Éducation nationale le 26, du secteur de l’énergie le 28. Après la “sidération” des derniers mois, Céline Verzeletti se dit “persuadée  qu’il y aura de fortes mobilisations” quand on aura retrouvé “la liberté d’agir et de circuler”. “Ce qu’on peut gagner [avec la journée de jeudi, ndlr ] c’est un déconfinement des colères”, jugeait un peu plus tôt dans le journal Libération Simon Duteil, porte-parole de Solidaires.

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