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      Mort du petit Tony: Loïc Vantal condamné à 20 ans de prison, Caroline Letoile à quatre ans

      AFP · news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 5 February, 2021 - 23:55 · 3 minutes

    Mort du petit Tony: le beau-père condamné à 20 ans de prison, la mère à quatre ans (photo d

    JUSTICE - La cour d’assises de la Marne a condamné ce vendredi 5 février le beau-père du petit Tony, âgé de trois ans , mort en novembre 2016 sous les coups, à 20 ans de réclusion criminelle et la mère à quatre ans de prison dont un avec sursis probatoire.

    Reconnu coupable de “violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur un mineur de 15 ans” et “violences habituelles”, Loïc Vantal voit sa condamnation assortie d’une peine de sûreté des deux-tiers et d’un suivi socio-éducatif de sept ans. Caroline Letoile a été reconnue coupable de “non-dénonciation de mauvais traitements” et “non-assistance à personne en danger”.

    “Les juges et les jurés ont tenu compte de l’humanité de Loic Vantal. Je suis satisfait. C’est aussi un soulagement pour lui”, a réagi auprès de l’AFP son avocat, Me David Scribe.

    “Notre décision de faire appel est en suspens. Nous nous laissons le temps du recul et du repos après ces cinq jours de procès . Caroline Letoile continue de pleurer. C’est le poids de l’émotion qui la fait craquer après ces cinq jours. Elle ne pleure pas sur sa peine”, a rapporté son avocate Pauline Coyac.

    “Jugement relativement clément”

    L’avocat général Matthieu Bourrette avait requis 30 ans de réclusion criminelle avec 15 ans de sûreté à l’encontre du beau-père “tueur” et cinq ans d’emprisonnement, dont un avec sursis, pour une mère au silence “complice”, dont la défense a plaidé la relaxe.

    Selon lui, les coups qui ont plu sur l’enfant, jusqu’à ce qu’il succombe à un éclatement de la rate et du pancréas le 26 novembre 2016, étaient mus par une “méchanceté gratuite” associée à “l’égocentrisme” de l’accusé, condamné sept fois pour violences, après une enfance marquée par la violence de son père.

    “Je regrette tout ce qui s’est passé, d’avoir fait du mal aux deux familles. J’ai eu un comportement inacceptable. Je mérite d’être condamné. Je travaille et continuerai de travailler sur mon comportement”, a déclaré Vantal avant que le jury ne se retire.

    “Nous sommes un peu déçus. On espérait un peu plus pour les deux au vu des violences qui ont été exercées sur Tony”, a réagi auprès Me Chalot Olivier, avocat du père et de la grand-mère de l’enfant après l’annonce du verdict. Pour Me Jean-Baptiste Rozes, pour l’association Innocence en danger, “il y a certes la culpabilité pour les deux accusés. C’est bien. Mais je trouve que c’est un jugement relativement clément”.

    “Il fallait le silence de Caroline Letoile”

    Loic Vantal avait affirmé jeudi qu’il ne “pouvait pas” s’arrêter “de taper”, reconnaissant avoir entraîné la mort de l’enfant, mais sans volonté de le tuer.  Son avocat, Me David Scribe, s’est employé à contester l’image d’un “monstre” et semer le doute sur l’ampleur et la durée des sévices infligés à l’enfant tels que décrits par enquêteurs et témoins, invoquant aussi l’origine sociale des accusés, des “jeunes qui n’ont rien”.

    “Tony, il y a des choses qui posent difficulté au niveau éducatif. Vantal va commencer à avoir des éléments de réprimande. Il le fait parce que Caroline est en difficulté et qu’elle l’autorise à l’aider”, avant que la “digue rompe” avec le “premier coup”. Contre Caroline Letoile, 19 ans au moment des faits, l’avocat général avait requis cinq ans d’emprisonnement dont un avec sursis.

    Selon lui, “Vantal n’est pas le seul responsable. Il fallait le silence de Caroline Letoile dont il avait besoin”, un silence “toujours complice et menteur”, par “peur des conséquences pour elle-même et pour Vantal”, pour “ne pas perdre” son compagnon.“Ecartez la complicité! (...) Elle n’a pas tué son enfant”, lui a opposé pour la défense Me Pauline Coyac.

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      Pour ces conseillers Pôle emploi, le meurtre de leur collègue n'arrive pas par hasard

      Hortense de Montalivet · news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 4 February, 2021 - 18:08 · 3 minutes

    MANIFESTATION - Un service public à destination des humains les plus fragiles économiquement transformé en machine à broyer. C’est peu ou prou ce que ces employés de Pôle Emploi ont dénoncé au micro du HuffPost , jeudi 4 février, lors d’une manifestation interprofessionnelle qui s’est déroulée à Paris de la place de la République à la place de la Nation.

    Comme vous pouvez le voir dans notre reportage ci-dessus , derrière une banderole “Hommage à toi Patricia, on ne t’oublie pas”, ces fonctionnaires ont regretté un système où l’humain est oublié au profit de l’argent, quelques jours après le meurtre d’une de leurs collègues , à Valence, le 28 janvier dernier.

    “Les gens se retrouvent face à des répondeurs, des serveurs téléphoniques...Ils ne comprennent plus rien”, déplore Luis, un conseiller Pôle Emploi pour qui l’agressivité grandissante des visiteurs en précarité économique envers les agences est compréhensible. “Avec la crise, ça ne va pas s’améliorer, il y a ceux qui vont perdre leur travail avec la fermeture prochaine des entreprises. On est beaucoup à penser que la situation va s’aggraver”, prévient Dalila, travailleuse elle aussi pour l’établissement public.

    Danièle, à côté de ses collègues s’inquiète également et a dû mal à comprendre les choix de son entreprise. La veille de cette marche, Pôle Emploi a annoncé le renforcement des équipes de sécurité de ses agences. “On supprime des effectifs, mais on rajoute des agents de sécurité...Vous voyez où le problème?” interroge-t-elle rhétoriquement.

    Aujourd’hui, rien dans l’avancement de l’enquête sur le double meurtre d’une DRH et d’une employée de Pôle Emploi dans la Drôme et en Ardèche n’indique que les motivations du suspect, Gabriel Fortin, était lié à l’organisation des agences, ce dernier étant toujours muet face au juge d’instruction.

    Le déconfinement des colères

    Cette manifestation organisée par la CGT , la FSU, Solidaires et des organisations de jeunesse avait pour mot d’ordre: la défense de l’emploi et des services publics, alors que “pas une journée ne se passe sans une nouvelle annonce de plan de suppressions d’emplois, de fermetures d’entreprises ou restructurations et réductions de services”, ont souligné les organisateurs dans un communiqué.

    La CGT et ses partenaires demandent notamment une politique de “relocalisation industrielle”, le partage du temps de travail, le “développement des services publics”, l’interdiction des licenciements dans les entreprises bénéficiant d’aides publiques “surtout lorsqu’elles continuent à dégager des profits”, a détaillé auprès de l’AFP Céline Verzeletti, dirigeante confédérale de la CGT.

    Le mois de janvier a été ponctué de plusieurs mobilisations sectorielles, avec un certain succès selon les syndicats: professionnels de santé le 21, de l’Éducation nationale le 26, du secteur de l’énergie le 28. Après la “sidération” des derniers mois, Céline Verzeletti se dit “persuadée  qu’il y aura de fortes mobilisations” quand on aura retrouvé “la liberté d’agir et de circuler”. “Ce qu’on peut gagner [avec la journée de jeudi, ndlr ] c’est un déconfinement des colères”, jugeait un peu plus tôt dans le journal Libération Simon Duteil, porte-parole de Solidaires.

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