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      Vaccin à AstraZeneca: l'Union Européenne n'a pas renouvelé sa commande

      Jade Toussay · news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 9 May, 2021 - 14:32 · 2 minutes

    22 March 2021, Saxony, Leipzig: Vaccine vials of the company AstraZeneca stand side by side in front of a package. The vaccine of the Swedish-British company AstraZeneca is a so-called vector vaccine. Photo: Peter Endig/dpa-Zentralbild/ZB (Photo by Peter Endig/picture alliance via Getty Images)

    CORONAVIRUS - Fin de contrat, au moins pour l’instant. Ce dimanche 9 mai, le commissaire européen Thierry Breton a indiqué que l’Union européenne n’avait pas renouvelé son contrat de commandes de vaccin contre le Covid-19 auprès du laboratoire AstraZeneca.

    “On n’a pas renouvelé la commande (de vaccins auprès d’AstraZeneca, NDLR) après le mois de juin. On verra, on regarde ce qu’il se passe”, a expliqué Thierry Breton sur France Inter .

    La cause est-elle à chercher du côté de l’efficacité moindre du vaccin AstraZeneca face aux variants du Covid? Ou plutôt comme une sorte de sanction après les retards de livraison successifs et importants?

    Selon les déclarations du commissaire européen, la balance penche plutôt pour la deuxième option. “AstraZeneca est un vaccin qui est très intéressant. Il est très bon et il a surtout l’intérêt de pouvoir être utilisé dans des conditions logistiques et de températures” plus simples que celles de ces concurrents, a souligné Thierry Breton.

    En revanche, il ne s’est pas privé de tacler le laboratoire, responsable selon lui du retard pris au début de la campagne de vaccination européenne. “AstraZeneca, qui devait nous livrer 120 millions de doses (n’en a livré) que 30 millions”, a dénoncé le commissaire européen, précisant au passage que le laboratoire n’avait pas manqué à ses obligations vis-à-vis du Royaume-Uni. Au deuxième trimestre, le laboratoire ne compte en fournir que 70 millions sur les 180 millions initialement prévues .

    AstraZeneca poursuivi en justice par l’UE

    Le 26 avril dernier, l’UE a lancé une action en justice contre le laboratoire suédo-britannique pour manquement à ses obligations contractuelles sur le nombre et la date des livraisons. L’action a été lancée “au nom de la Commission comme au nom des vingt-sept États membres, unanimes dans leur soutien à cette procédure”, a indiqué un porte-parole, sans préciser la juridiction saisie.

    Le groupe pharmaceutique a de son côté jugé “sans fondement” cette action contre laquelle il promet de “fermement se défendre”.

    Thierry Breton s’est cependant voulu rassurant: oui l’objectif de vacciner 70% de la population adulte des États membres d’ici mi-juillet est maintenu. Et oui, il est parfaitement atteignable. “On a très rapidement comblé le retard: l’Europe est devenue le premier continent du monde en matière de fabrication vaccinale en moins de 10 mois”, a-t-il de nouveau affirmé.

    Même si la collaboration entre l’UE et AstraZeneca pourrait s’arrêter net d’ici deux mois, en France, le gouvernement français continue à miser sur ce vaccin, au moins jusqu’à épuisement des doses: en visite au vaccinodrome à La Défense samedi 8 mai, Jean Castex a  “exhorté” les Français à “se faire vacciner avec tous les vaccins, en particulier avec AstraZeneca”.

    Toutefois, relancé par ses intervieweurs pour savoir si le non-renouvellement actuel signifiait une fin de non-recevoir définitive pour le vaccin AstraZeneca, Thierry Breton a laissé planer le doute. “Ce n’est pas encore fait, attendez”, a-t-il dit. “On a commencé” les renouvellements de contrat avec Pfizer/BioNTech mais “on en aura d’autres”, a-t-il dit.

    À voir également sur Le HuffPost: Les Espagnols fêtent la fin du couvre-feu et de l’état d’urgence

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      Pierre Larrouturou explique son combat pour taxer les transactions financières

      Lauren Provost · news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 13 February, 2021 - 02:07 · 1 minute

    FINANCE - Sa grève de la faim pour le climat, tenue 18 jours à l’automne, a fait de lui l’eurodéputé français le plus “buzz” de 2020.

    “En bon Béarnais” comme il le dit, l’élu socialiste de 56 ans, Pierre Larrouturou , a aujourd’hui repris les kilos perdus dans son combat pour réclamer un renforcement du budget de l’UE en faveur du climat et de la santé. Il semble aussi avoir retrouvé toute la ferveur de son engagement contre le réchauffement climatique, la spéculation financière et l’état des hôpitaux.

    Sa participation à notre conférence sur les Futurs de la finance avec Boma, ce jeudi 11 février, nous a permis de le constater : malgré la bataille perdue en 2020 son combat continue. Et les conséquences économiques de la crise Covid n’y change rien. L’élu français n’est pas lassé de brandir ses graphiques et images de maisons en feu à ses interlocuteurs pour expliquer son souhait de faire voter une taxe sur les transactions financières.

    Ce que défend l’élu Nouvelle Donne : une taxe sur les transactions financières (TTF) avec l’assiette large définie dans une proposition de la Commission européenne dès 2011, qui rapporterait jusqu’à 57 milliards d’euros par an, de quoi soutenir le climat et le “Pacte vert” européen.

    L’ingénieur agronome passé par Sciences Po nous explique tout cela dans la vidéo en tête d’article.

    L’intégralité de la conférence “Les futurs de la Finance” avec Boma France est disponible ci-dessous. Vous y retrouverez l’entrepreneur Cyril Paglino, spécialiste des cryptomonnaies ainsi que la ministre Olivia Grégoire qui met en garde contre les conséquences d’une annulation de la dette Covid .

    Vous pouvez également continuer de réfléchir à l’avenir avec les podcasts “Les futurs de...” . Notre prochaine conférence aura lieu le 18 mars en direct sur notre page Facebook et sur le site de Boma. Elle aura pour thème l’exploration des futurs du Travail.

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      Après les manifestations pro-Navalny, la Russie expulse trois diplomates européens

      AFP · news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 5 February, 2021 - 20:45 · 3 minutes

    Ce dimanche 31 janvier, au moins 500 personnes ont été arrêtées en Russie dans le cadre de manifestation pour réclamer la libération d

    EXPULSIONS - C’est une annonce qui a fait bondir plusieurs pays de l’Union européenne. Moscou a annoncé ce vendredi 5 février l’expulsion de plusieurs diplomates européens pour avoir participé à des manifestations pour la libération de l’opposant russe Alexeï Navalny.

    Une décision qui intervient quelques heures après les pourparlers entre le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et celui de l’UE, Josep Borrell à Moscou.  Précisément, la Russie a réclamé le départ de trois diplomates: Allemagne, Pologne et Suède. Josep Borrell a “fermement condamné” ces expulsions et “rejeté les allégations de la Russie” au sujet des diplomates.

    La chancelière allemande Angela Merkel a de son côté estimé “injustifiée” l’expulsion de ces diplomates. Son chef de la diplomatie Heiko Maas a d’ailleurs menacé la Russie de représailles si elle “ne reconsidère pas cette mesure”.

    La Suède a de son côté fustigé une mesure “complètement infondée”, alors que la Pologne a prévenu que la décision de Moscou risquait de porter préjudice aux relations bilatérales.

    La participation des diplomates à des rassemblements “illégaux le 23 janvier” en soutien à Alexeï Navalny à Saint-Pétersbourg et Moscou sont “inacceptables et incompatibles avec leur statut”, ont quant à elle estimé les autorités russes.

    Cette annonce illustre l’état des tensions russo-européennes, alors que Joseph Borrell a, depuis Moscou, dénoncé l’emprisonnement d’Alexeï Navalny et la répression des manifestations en sa faveur.

    Relations “sévèrement tendues”

    “Il est sûr que nos relations sont sévèrement tendues et l’affaire Navalny est un plus bas”, a constaté Josep Borrell, face à Sergueï Lavrov, en réitérant “l’appel à une libération” de l’opposant et “au lancement d’une enquête impartiale concernant son empoisonnement”.

    Le président américain Joe Biden a lui aussi vivement critiqué la Russie ces derniers jours, notamment pour son traitement d’Alexeï Navalny, des propos qualifié de “très agressifs” par le Kremlin.

    Ennemi juré du pouvoir russe, l’opposant de 44 ans a été condamné mardi à deux ans et huit mois d’emprisonnement pour avoir enfreint un contrôle judiciaire datant de 2014.

    Lui, accuse les autorités de vouloir le réduire au silence car il a survécu, cet été, à un empoisonnement dont il tient le président Vladimir Poutine pour responsable. L’UE a adopté des sanctions contre des responsables russes face au refus de Moscou d’enquêter.

    L’arrestation de l’opposant à son retour de convalescence a suscité des manifestations à travers le pays.

    Une répression jugée brutale

    De nombreuses ONG, des médias russes et les pays occidentaux ont dénoncé la répression brutale qui a suivi et conduit à quelque 10.000 arrestations émaillées de violences policières.

    L’opposant était lui de nouveau au tribunal vendredi, accusé d’avoir diffamé un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale qui avait défendu dans un clip de campagne, l’été dernier, un référendum ayant renforcé les pouvoirs de Vladirmir Poutine.

    Il avait qualifié les intervenants dans cette vidéo de “honte de la Nation” et de “traîtres”. Alexeï Navalny, qui risque une lourde amende voire une peine de prison, dénonce une accusation politique. Une prochaine audience est prévue le 12 février.

    La plupart de ses proches collaborateurs ont quant à eux été arrêtés ou assignés à résidence.

    À voir également sur Le HuffPost : En Russie, des centaines d’arrestations lors de manifestations pro-Navalny

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      "Inquiète" sur les variants du coronavirus, l'OMS appelle à vacciner plus vite en Europe

      AFP · news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 5 February, 2021 - 06:33 · 4 minutes

    CORONAVIRUS - Le patron de l’OMS en Europe a appelé ce vendredi 5 février les Européens à accélérer leur campagne de vaccination contre le Covid-19 , dans un entretien à l’AFP.

    “Nous devons unir nos forces pour accélérer la vaccination”, a appelé le directeur régional de l’organisation Hans Kluge, reconnaissant être “inquiet” sur l’impact des variants sur l’efficacité des vaccins.

    “Des entreprises pharmaceutiques d’habitude concurrentes doivent unir leurs efforts pour augmenter drastiquement les capacités de production, c’est de ça dont nous avons besoin”, a insisté le responsable basé à Copenhague, alors que la campagne de vaccination dans l’Union européenne a connu des débuts difficiles, seuls 2,5% de la population de l’UE ayant reçu une première dose.

    Aux États-Unis, après Pfizer/BioNTech et Moderna, un troisième vaccin, celui de Johnson & Johnson, attend le feu vert de l’Agence américaine du médicament (FDA).

    Ce vaccin est particulièrement attendu car il présente deux avantages non négligeables: il peut être stocké à des températures de réfrigérateur plutôt que de congélateur, et il ne s’administre qu’en une seule dose.

    Johnson & Johnson s’est engagé à acheminer 100 millions de doses aux États-Unis avant fin juin. Selon les premiers résultats des essais cliniques qu’il a communiqués, son vaccin est efficace à 66% dans l’ensemble, et à 85% pour prévenir les formes graves de la maladie.

    Mais ces résultats ont aussi soulevé une inquiétude: le remède était plus efficace aux États-Unis (72%) qu’en Afrique du Sud (57%), où un variant apparu dans ce pays y est devenu largement majoritaire.

    Les experts y voient l’indication que de futurs variants pourraient finir par totalement contourner les défenses immunitaires développées par les vaccins actuels. “C’est la grande question. Je suis inquiet”, a reconnu Hans Kluge, interrogé pour savoir si les vaccins anti-Covid arrivés sur le marché depuis décembre vont rester efficaces contre les nouveaux variants.

    L’UE vise 70% de vaccinés d’ici l’été

    Partout dans le monde, commandes et livraisons de vaccins s’accélèrent.

    L’Iran, où le coronavirus a fait plus de 58.000 morts, a reçu jeudi ses premières doses du vaccin russe Spoutnik V. Le même vaccin russe, commandé par l’Autorité palestinienne, est arrivé jeudi en Cisjordanie. Le Pérou, un des pays d’Amérique latine les plus endeuillés (plus de 41.500 morts) a commandé 20 millions de doses du vaccin de Pfizer.

    Bien qu’elle affirme être exempte du virus, la Corée du Nord a fait une demande de vaccins contre le Covid-19, dont elle devrait recevoir près de deux millions de doses. Il s’agit de la première confirmation officielle que Pyongyang a demandé une aide internationale.

    L’Union européenne, critiquée pour la lenteur de ses campagnes de vaccination , ambitionne de vacciner 70% de sa population d’ici l’été, a affirmé jeudi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

    Pour autant, “il y aura certainement d’autres obstacles, d’autres problèmes dans la production, nous devons aussi nous préparer à d’éventuelles pénuries de matières premières ou de certains composants des vaccins”, a-t-elle prévenu.

    “Passeports vaccinaux”

    La Suède et le Danemark ont annoncé jeudi qu’ils allaient développer des “passeports vaccinaux” électroniques pour faciliter les voyages à l’étranger, mais aussi pour accéder à des évènements sportifs ou culturels, voire à des restaurants dans le cas danois.

    “Avec un certificat de vaccination numérique, il sera rapide et facile de prouver une vaccination complète”, a plaidé le ministre suédois du numérique Anders Ygeman. La Suède compte lancer son passeport en juin, et le Danemark “d’ici trois ou quatre mois”, selon son gouvernement.

    “Il est absolument crucial pour nous de pouvoir redémarrer la société danoise, que les entreprises reviennent sur les rails”, a souligné le ministre danois de la Fiscalité Morten Bødskov.

    Plusieurs pays ont annoncé jeudi de nouveaux durcissements de leurs restrictions liées aux voyages. Le Royaume-Uni a confirmé jeudi que ses résidents arrivant de pays jugés à risque devront observer dix jours de quarantaine à l’hôtel, à partir du 15 février. Et à l’instar de l’Arabie saoudite, le Koweït a suspendu l’entrée des étrangers dans le pays pour deux semaines.

    Alors que près de 105 millions de doses de vaccin ont jusqu’ici été injectées dans au moins 82 pays ou territoires, la Croix-Rouge s’est alarmée jeudi du manque d’accès des pays pauvres aux vaccins.

    Selon une analyse de l’organisation, près de 70% des doses de vaccin administrées jusqu’à présent l’ont été dans les 50 pays les plus riches tandis que 0,1% ont été injectées dans les 50 pays les plus pauvres

    “C’est alarmant parce que c’est injuste, et parce que cela pourrait prolonger, voire aggraver, cette terrible pandémie”, a commenté le secrétaire général de la FICR, Jagan Chapagain. La Croix-Rouge a lancé un plan de 92,5 millions d’euros pour aider à immuniser 500 millions de personnes parmi les plus vulnérables.

    Selon un bilan établi jeudi par l’AFP à partir de source officielle, la pandémie a fait au moins 2.269.346 morts et plus de 104.350.880 cas de contamination.

    À voir également sur Le HuffPost: Chez Pfizer, ces élus demandent de “libérer les brevets” sur les vaccins anti-Covid-19

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      Covid-19: la stratégie vaccinale européenne, un fiasco de plus?

      Anthony Berthelier · news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 5 February, 2021 - 02:49 · 8 minutes

    La stratégie vaccinale européenne, un fiasco de plus? (photo d

    POLITIQUE - Opération de sauvetage en prime time. Emmanuel Macron s’est invité dans le salon des téléspectateurs du journal télévisé de TF1, mardi 2 février vers 20h30, à la surprise générale . L’occasion pour le chef de l’État d’insister sur le rôle central joué par les Français dans le contrôle de l’épidémie de coronavirus ... mais surtout de monter au créneau pour défendre la stratégie vaccinale européenne.

    Un quart d’heure avant, c’est Angela Merkel qui apparaissait sur une chaîne de télévision allemande pour y donner une rare interview. Un moment aussi inattendu que la prise de parole de son homologue français puisqu’il ne figurait pas aux programmes du média outre-Rhin. Comme le président français, la chancelière allemande s’est attelée à répondre aux inquiétudes de son opinion publique sur les lenteurs de l’acquisition et du déploiement des vaccins sur le continent.

    Trois jours plus tard, ce vendredi 5 février, les deux dirigeants tiennent une conférence de presse commune en marge d’un conseil de défense franco-allemand. Nul doute que les débats sur l’efficacité de Bruxelles dans cette crise sanitaire reviendront sur le tapis.

    Car si certains continuent de saluer des avancées “historiques”, notamment en matière de politique économique, la petite musique qui monte n’est pas franchement flatteuse à l’égard de l’Union européenne.

    Pluie de critiques sur Bruxelles

    En Allemagne, c’est le quotidien Bild , le plus lu du pays, qui sonne la charge en qualifiant régulièrement la stratégie vaccinale de l’UE de “fiasco”. Et les critiques remontent jusqu’au gouvernement d’Angela Merkel. Dans un entretien publié lundi 1er février par le Süddeutsche Zeitung , le très puissant vice-chancelier et ministre des Finances, Olaf Scholz (SPD) accuse directement la Commission européenne d’être responsable du manque de doses de sérums.

    “Concernant l’achat des vaccins, c’est la Commission qui a négocié. Or, si la Commission nous avait demandé plus de moyens financiers, nous aurions donné l’argent nécessaire”, a-t-il fait valoir, quand, de l’autre côté du spectre politique, le président de l’Union chrétienne-sociale (CSU) en Bavière Markus Söder -souvent cité comme possible successeur à Angela Merkel- fustigeait, vendredi 29 février sur la chaîne ZDF des”procédures bureaucratiques typiquement européennes.”

    La Commission européenne a mis quelques jours avant de prendre la dimension de la crise qui était devant nous. La présidente n’en avait clairement pas mesuré l’ampleur.” Édouard Simon, chercheur à l'Iris, spécialiste des questions européennes.

    Accords trop tardifs, déficit d’investissement financier, manque de doses, manque de transparence... les reproches faits à l’exécutif européen , qui a négocié les contrats avec les fabricants de vaccins au nom des 27 États membres et sécurisé plus de 2,2 milliards de doses -pour 450 millions d’Européens- sont nombreux.

    Il faut dire que les pays de l’Union souffrent de comparaisons avec le Royaume-Uni. Outre-Manche, 15% de la population a déjà été piqué, quand, au 15 janvier dernier, seul 1% des Européens avait reçu le sérum, selon un décompte de l’OMS. “Je comprends la déception” de la population, a même fini par admettre Angela Merkel, lundi 1er février, “car tout le monde a pensé qu’au vu des volumes de commandes” de vaccins, ces derniers “allaient arriver beaucoup plus vite”.

    Un problème von der Leyen?

    D’autant que ces critiques visant Bruxelles ne sont pas franchement nouvelles. Les atermoiements du début de la pandémie, quand des Italiens, s’estimant abandonnés par Bruxelles brûlaient des drapeaux européens, continuent de laisser des traces. “La Commission européenne a mis quelques jours avant de prendre la dimension de la crise qui était devant nous. La présidente n’en avait clairement pas mesuré l’ampleur”, se souvient Édouard Simon, spécialiste des questions européennes, ajoutant immédiatement: “mais qui l’avait fait?”

    Au final, cette première crise n’a duré que “quelques jours” au printemps dernier, selon les mots du Directeur de recherche à l’IRIS, l’institut de relations internationales et stratégiques. Mais elle a entraîné des images dramatiques pour la solidarité européenne, lorsque la France et l’Allemagne interdisaient, par exemple, toute exportation de matériel médical à destination de l’Italie le pays du continent le plus touché par le covid-19 à l’époque.

    Depuis, les critiques n’ont guère cessé que pour l’adoption du plan de relance colossal commun. Presque un an plus tard, une personnalité politique concentre nombreux de ces griefs: Ursula von der Leyen , la présidente de la Commission européenne.

    “Le principal problème de la présidente de la Commission, c’est de trop vouloir coller au couple franco-allemand. On aurait besoin d’une Commission européenne qui reprenne sa spécificité institutionnelle, qui reprenne l’initiative politique”, nous explique Édouard Simon en évoquant “un sentiment qui se déploie de plus en plus” à Bruxelles.

    La réponse de l'Union européenne sur le plan économique a été beaucoup plus satisfaisante que sur le plan sanitaire." Édouard Simon, chercheur à l'Iris, spécialiste des questions européennes.

    Mais c’est surtout le dernier “pataquès” autour de l’exportation de vaccin en Irlande du Nord qui vient ternir l’image de l’ancienne ministre allemande de la Défense. Confrontée à des retards de livraisons du vaccin du laboratoire AstraZeneca, l’UE a mis sur pied un mécanisme pour contrôler les acheminements hors de l’UE des vaccins contre le Covid qui y sont produits et interdire les exportations non “légitimes”. Avant d’y renoncer face au tollé de Londres et Dublin.

    Plan de relance, mécanisme d’urgence...

    “Cette décision revenait à mettre en place une frontière avec l’Irlande du Nord. C’était une grosse erreur”, avance Édouard Simon en regrettant la réaction d’Ursula von der Leyen: rejeter la responsabilité sur ses services, ce n’est pas du très bon management. Et c’était politiquement mal venu.”

    Dans une tribune au vitriol publiée lundi 4 janvier sur Le HuffPost , le spécialiste des questions européennes Patrick Martin-Genier estime même que la question de son maintien à la tête de l’exécutif européen pourrait se poser. “Affaiblie, cherchant à cacher ses échecs, certains estiment qu’elle n’était pas de taille pour exercer ces fonctions alors qu’Emmanuel Macron recherchait une personne ayant exercé les plus hautes responsabilités”, croit savoir le spécialiste, enseignant de droit public à l’Institut d’études politiques de Paris.

    En attendant, pour bon nombre de ces spécialistes, les difficultés de l’Union à établir une stratégie sanitaire incontestée ne doivent pas occulter d’autres avancées majeures réalisées pendant cette pandémie. Le plan de relance, salué de toutes parts, en est une... mais il n’est pas seul.

    “La réponse de l’Union européenne sur le plan économique a été beaucoup plus satisfaisante que sur le plan sanitaire”, estime Édouard Simon. “Les flux de denrées alimentaires n’ont jamais cessé. L’union a adopté en urgence un plan de fonctionnement du marché intérieur en période de crise, ce qui n’existait pas auparavant”, se félicite le chercheur en évoquant également des “délais remarquables” pour la suspension du pacte de stabilité et le déblocage des aides.

    Et l’après covid?

    Mais au-delà de ces mesures d’urgence, le tournant le plus important est presque d’ordre philosophique. Car si l’annonce du plan de relance commun à tous les pays de l’Union européenne a déjà été décrite comme “historique” par les europhiles, sa concrétisation promet un changement de paradigme dans les politiques économiques menées par Bruxelles.

    “Ce n’est pas la première fois que les 27 s’endettent ensemble. Mais dans ces proportions, cela va lier leur avenir pour les vingt, trente prochaines années”, nous explique Édouard Simon. “On ne va pas s’attaquer uniquement aux effets du premier confinement, on va s’attaquer aux déséquilibres qui existaient avant la pandémie de coronavirus”, ajoute le chercheur qui entrevoit un “changement fondamental dans l’économie européenne” si cette stratégie se confirme dans le temps.

    “On accepte le fait que la crise de la zone euro a des causes structurelles. Et qu’on va s’évertuer à les corriger non pas avec des politiques d’austérité comme nous l’avons imposé à la Grèce, mais par des politiques d’investissement”, se réjouit encore Édouard Simon.

    Une nouvelle approche qui n’aurait pas pu s’amorcer sans le revirement de la chancelière Merkel au printemps dernier, les Allemands ayant “compris que la survie de la construction européenne était en train de se jouer.”

    Plus globalement, le choc du coronavirus a, semble-t-il, créé le terreau favorable à cette nouvelle solidarité européenne. Comme le montre la commande groupée de vaccins à l’échelle du continent. Sans cela, les pays les plus puissants comme la France ou l’Allemagne auraient sans doute trusté les premières doses de sérum... avec le risque de provoquer une -vraie- pénurie pour les plus petits États européens.

    À voir également sur Le HuffPost: Castex estime que la France peut encore ”éviter le confinement”